Bad Taste Lifesize Bust (Alpha Project 4)

Lifesize Bust: nimanjeb (Benjamin Barbecot)

Bad Taste fait partie de ces films avec lesquels j’ai vraiment grandi. A l’époque, je dévorais les métrages avec mon frère, soucieux que nous étions de dégotter les perles, à savoir les œuvres les plus extrêmes. En cela Bad Taste honore le spectateur d’une dose de gore et d’humour qui ne se tarit jamais, même en ces temps de profusion dans les bandes horrifiques et autre torture porn. Car c’est bel et bien la qualité de Bad Taste : dégoûter en faisant rire aux éclats. Cette dualité se retrouve également dans l’aspect purement « technique » : il s’agit d’un film amateur qui prend très vite des allures de film « pro ». Indéniablement, le génie de Jackson se retrouvait déjà dans ce premier essai. A partir de rien si ce n’est du temps, de l’amitié et beaucoup de passion – ce qui est déjà beaucoup, je suis d’accord – PJ a réussi le tour de force d’accoucher d’un Bad Taste mûr, aux SFX dantesques, servis par des acteurs amateurs qui s’insèrent dans un univers débridé mais totalement assumé.

Bad Taste transpire la camaraderie ! Jackson et ses potes ont passé plus de quatre ans sur le film, en se voyant tous les week-ends pour fignoler les détails, mettre au point les trucages et les prises de vue qui renvoient parfois les productions plus chères à la cour d’école.

L’envie de posséder un objet tiré de cet univers nous travaillait depuis longtemps au sein du staff, ou plutôt Celtaskan et moi. Bien évidemment, il n’existe rien d’officiel sur le marché, alors pourquoi ne pas demander à un sculpteur de nous faire quelque chose dans le cadre d’un Alpha Project ?

Nous nous sommes donc tournés vers nimajneb pour réaliser notre rêve. Au départ, nous pensions éditer ce buste à 4 ou 5 exemplaires mais nous nous sommes très vite rendus compte qu’aucun collectionneur assez farfelu n’était prêt à nous suivre dans notre trip. Sauf Pizza, mon frère des montagnes, dont l’amour pour le film est à la hauteur du miens. C’est donc trois bustes que ferait Benjamin, et pas un de plus.

J’ai choisi des photos sur le net et me suis employé à faire toute une panoplies de captures d’écran pour faciliter le travail du sculpteur. J’ai également choisi de me focaliser sur Lord Crumb, le chef alien du film, reconnaissable à sa dent cassée et à son costard cravate.

Pendant plusieurs jours, Benjamin s’est efforcé de donner vie à cette créature. Il a terminé son travail par un socle tout en simplicité, une chose à laquelle je tenais par-dessus tout.

Lors de l’ouverture du carton, le choc !

Le sculpt est superbe, très fin, avec pas mal de détails. Benjamin aurait pu pousser la finesse plus loin encore, mais cela n’aurait pas été en adéquation avec le matériau de départ : les aliens de Bad Taste restent très grossiers, simplistes si on les regarde de près ! N’oublions pas que PJ utilisait le four de ses parents pour ses SFX homemade… C’est la raison pour laquelle j’ai refusé que nimajneb sculpte les tumeurs des épaules de façon trop précise – chose qu’il aurait pu faire sans problème.

Il fallait donc trouver un compromis entre le « trop » et le « pas assez » concernant ces détails. Il fallait aller plus loin que dans le film, mais pas trop loin. Ainsi, les cernes ornent le pourtour des yeux, des rides taillades les joues et le triple menton… Ces plissures de la peau tendent à donner au monstre une apparence de chair boursouflée, tannée par le soleil lors des voyages intergalactiques.

Les courbes si caractéristiques du visage sont respectées : les joues sont gonflées, à la manière des abajoues des rongeurs, et les masses graisseuses pendent sous le menton de façon immonde. Les arcades proéminentes plongent les yeux dans l’ombre, car dans le film c’est sous cette apparence que les personnages sont présentés. Ainsi, nimajneb n’a pas inséré de vrais yeux dans le buste, puisque ces derniers sont difficilement visibles, à moins de braquer une source lumineuse adéquate sur eux. C’est donc des yeux peints que l’artiste a choisi de faire.

Les orifices immondes qui lui servent d’oreilles semblent presque palpiter dans un bruit de succion. Je trouve que cet élément est très bien fichu. Quant à la bouche, elle est sculptée de façon typique, avec la lèvre supérieure déformée à l’extrême. C’est vraiment l’élément que je voulais retrouver dans le buste, et donc j’en ai fait part à Benjamin, qui s’est aussitôt exécuté. Merci encore !

Autre élément qui me tenait à cœur, c’est cette dent cassée sur le devant. C’est l’une des caractéristiques du chef la bande de teigneux, comme expliqué plus haut. Là encore, sur ma demande, l’artiste a coopéré.

Il fallait ensuite appliquer une peinture de qualité pour rendre justice à la sculpture. Le défit était de donner à la créature l’aspect de chair, en jouant sur les teintes beiges, roses et violettes, à l’instar des nuances perçues dans le film. Le relief est donc accentué par ces coloris, pour la plus grande joie du collectionneur que je suis.

Les dents sont brillantes, sales. Les lèvres sont également recouvertes de vernis pour simuler la salive.

Quant aux yeux, ils sont peints de façon honnête, même si j’aurais préféré plus de finesse dans les veines et les iris.

Finissons par le socle. Je déteste les supports bariolés à l’extrême. J’aime la sobriété et l’artiste l’a bien compris. C’est pourquoi nous avons opté pour un socle carré, de couleur gris foncé. Une plaquette avec le nom du film vient à côté et peut être placé contre l’un des deux niveaux du socle.

Il manquait toutefois un élément pour que mon buste soit terminé : il était nu, le pauvre ! Je me suis donc mis à la recherche d’habits le plus accurate possible. Souci : l’alien du film porte un costard cravate. J’ai donc cherché du côté de la seconde main, car du neuf m’aurait coûté un bras.

Dans un magasin de la communauté d’Emmaüs, j’ai dégotté un costard, puis même une cravate qui se rapproche en tant soir peu de la « réalité ». Enfin, j’ai tiré de mon armoire l’une de mes chemises militaires. Sur ce point, je demande votre discrétion ! LOL !

Un coup de cutter sur les épaules, quelques manipulations et voilà le travail ! Lord Crumb a fini son striptease !

Une fois installé dans sa case besta de mes étagères, notre Alpha Project 4 illumine ma collection d’une touche supplémentaire d’originalité. Encore une fois, le mot camaraderie pourrait être, à l’instar de notre Hellboy, affilié à ce buste, puisque j’ai partagé sa conception avec deux grands potes. Et là, en plus, il s’agit d’une représentation qui fait honneur à l’un de ces films cultes pour lesquels il n’y aura jamais aucun proders.

C’est chose réparée !

– Sarlacc

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