Gremlins « Stripe »

Life size replica par Sacha Feiner

Il y a des films qui n’ont jamais fait l’objet d’un merchandising à la hauteur de leur statu culte : Ghostbusters, L’Histoire sans Fin, la Chose, Dark Crystal… Malgré leur richesse graphique indéniable et leur potentiel à idée, peu de fabricants s’y sont attelés. Les raisons sont nombreuses, oscillant entre les problèmes de droit et un certain désintérêt commercial (à l’heure actuelle, un proder se doit de rencontrer du succès pour être amorti).

Dans ce panorama quelque peu vexant pour les collectionneurs, le fan made a su se faire une place au soleil. J’en parle d’ailleurs dans cet article.

Gremlins fait partie de ces films délaissés par les grands fabricants, excepté Neca qui a su peu à peu monté une collection de figurines en adéquation avec la multiplicité des designs issus des deux opus de Joe Dante. Mis à part ce fabricant, rien ou presque. Quelques Jun Planning moyennes, une ou deux peluches… Pas grand-chose qui puisse rassasier les collectionneurs gloutons que nous sommes !

Il y a quelques temps, j’ai découvert le travail de Sacha Feiner au travers de son fan film de Gremlin, disponible sur www.youtube.com. J’ai ensuite appris que Sacha produisait en quantité restreinte un Gizmo sur la base d’un moule directement hérité du tournage du premier film, Gizmo que je me suis empressé d’acheter. Trois ans plus tard, voilà que le bougre me contacte pour m’expliquer qu’il vient de terminer un Stripe, le chef des Gremlins dans le premier opus. Pour ne rien vous cacher, à l’époque, nous parlions très sérieusement d’un Alpha Project d’un Stripe justement. Depuis, nous avons délaissé cette idée qui a été remplacée par une autre… mais ça c’est une autre histoire !

J’ai donc passé commande…

Le Stripe n’a pas été sculpté au sens où on l’entend communément. Tout est expliqué sur cet interview. C’est donc la technologie 3D qui a permis d’œuvrer sur le monstre et de lui donner une forme de base, travaillée et affinée ensuite par Sacha. Ce dernier a également décidé de couler son Gremlin avec de la mousse polyuréthane, qui a l’avantage de donner à la créature une texture organique, molle, proche de celle de la chair. De plus, cette matière, aidée par une armature interne en fer, permet quelques mouvements…

Le « sculpt » est très accurate, puisque Sacha a su tirer profit de sa magnifique banque de données concernant les Gremlins. Difficile donc de faire mieux sur ce point ! Chaque écaille, chaque épine, chaque boursouflure est présente. Le résultat est d’une sacrée finesse ! J’adore la partie du « croupion », qui évoque les plaques d’un arthropode quelconque. J’ai toujours été intrigué par cette zone pour son originalité.

Pour renforcer encore plus le réalisme, Sacha a eu la merveilleuse idée d’intégrer dans la bouche des gencives armées de dents en résines dure. Mais le point d’orgue n’est autre que la présence d’yeux en verre, spécialement conçus pour le monstre. On ne le répétera jamais assez, mais les prunelles resteront parmi les éléments les plus importants pour donner vie à ce qui ne l’est pas.

Le travail de montage est relativement complexe, puisque chaque partie a été moulée et coulée séparément. Du coup, l’artiste s’est efforcé de masquer les jointures, et je dois admettre que c’est bien réussi !

Le paint job est également l’un des points forts de cette pièce, puisque les couleurs sont celles qui autrefois furent utilisées pour le film. Leur application à l’aérographe permet des dégradés et des transitions tout en douceur entre les différentes teintes de la créature. Du vert olive, du beige, du brun, du noir pour les griffes… Le mariage est diablement réussi !

L’un des inconvénients de cette pièce est qu’elle ne tient que difficilement sur ses pattes sans une aide extérieure. Du coup, mieux vaut la plaquer contre quelque chose pour éviter tout risque de chute. Mais j’ai une bonne nouvelle pour tous les collectionneurs qui utilisent des bestas de chez Ikea : le Stripe passe sans souci dans l’une des cases ! J’en veux pour preuve la photo ci-dessous ! C’est le genre de pièce qui mérite amplement son emplacement à l’abri de la poussière et des manipulations fâcheuses, compte tenu de sa fragilité.

Car ce Stripe reste très délicat. Le fait qu’il soit en mousse implique des risques de peinture qui s’effrite si on s’amuse à trop plier certaines parties. Il faut en être conscient, et lorsque c’est chose faite, aucun souci ! Sacha a développé des peintures qui sont censées tenir le mieux possible sur la mousse.

J’espère avoir été complet dans la présentation de cette fabuleuse pièce, qui reste sans aucun doute la plus belle représentation d’un Gremlin à l’heure actuelle – et la plus accurate ! Cela fait des années que j’en voulais un, et surtout un Stripe pour son aura iconique. Car, admettons-le, c’est lui LE grand méchant de tous les Gremlins réunis des deux opus. En effet, Joe Dante n’a pas réussi à insuffler la même prestance à Mowhawk dans Gremlins 2… C’est du moins mon avis.

J’ai montré en cette fin d’année scolaire 2012 les deux films à plusieurs de mes classes, dont les élèves sont âgés de 12 à 15 ans. A ma grande satisfaction, ils ont adoré, et ont vu les Gremlins pour ce qu’ils étaient : de magnifiques divertissements, qui oscillent constamment entre le merveilleux, le mignon et l’horreur. Rappelons que Gremlins 1 a été réalisé il y a bientôt 30 ans ! Malgré ça, sa « machinerie » fonctionne encore à l’heure actuelle sur des adolescents nourris aux effets spéciaux numériques depuis leur plus tendre enfance.

Le temps n’a pas d’emprise sur Gremlins.

C’est en partie à ça qu’on reconnaît un chef-d’œuvre.

– Sarlacc

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