Benjamin Carré

SwissCollectors vous propose une interview d’un fabuleux artiste: Benjamin Carré. Il nous a conquis grâce à son talent de dessinateur et sa passion d’univers qui nous font tous rêver. Nous vous laissons le découvrir…

Benjamin Carré est né en 1973 dans la région parisienne. Après des études d’arts graphiques à l’école Penninghen, il dessine pour des jeux de rôle (Rétrofutur, Nephilim…), puis réalise des couvertures de romans de Science-Fiction. Après huit ans passé à Darkworks comme designer de jeux vidéos (Alone in the Dark 4 : the new Nightmare, Cold Fear…), il sort son premier album Bd aux éditions Delcourt : Smoke city. désormais Benjamin exerce toute ces activités en même temps et commence a découvrir le métier de designer dans le monde du cinéma… Ses créations graphiques ont été célébrées par le Prix Vision du futur, le Prix de l’imaginaire, ainsi que celui d’Art&Fact et des imaginales.

SwissCollectors : Comment est née cette passion pour le dessin ?

Benjamin Carré : Et bien, ça date de l’enfance. Comme pour tous les enfants, le dessin faisait partie de mes distractions, et comme chez tous les enfants il y a eu le moment ou mes parents m’ont sorti un tuc du genre « oh ! il est beau ton dessin ! ». Sauf que j’ai dû faire partie de la catégorie de gamins qui ont pris ce compliment très au sérieux. En tout cas je me souviens du jour où j’ai appris que dessinateur pouvait être un métier (je devais avoir 4 ou 5 ans). Pour moi ça a été la meilleure nouvelle de l’année et depuis ce jour, je savais exactement ce que je devais répondre à la question : « qu’est ce que tu veux faire quand tu sera grand ? ». Je n’en ai jamais démordu.

SC : Pourquoi avoir choisi l’imaginaire comme thème prépondérant ?

BC : Les mondes imaginaires me passionnent. Particulièrement la SF qui elle aussi me fait rêver depuis que je suis tout petit. Ça va de paire avec le dessin. A la base c’était un mode d’expression qui me servait à explorer cet imaginaire. Si ça avait été le réel, je pense que je serai devenu plutôt photographe. Il faut ajouter à ça que professionnellement, les gens qui ont besoin des services d’un illustrateur sont soit les éditeurs de littérature de l’imaginaire (fantaisie, SF, jeunesse …etc.), soit ceux les types qui travaillent dans le monde du jeu vidéo ou du cinéma fantastique. Ces derniers font appel à mon travail, en effet. C’est la raison pour laquelle si tu te balades sur mon site tu trouveras peu d’illustration a thème réaliste. Tout simplement par ce que les thèmes réalistes n’utilisent que très rarement l’illustration comme mode de représentation.

SC : Comment se passe, dans les grandes lignes, l’exécution de l’une de tes œuvres ?

BC : Comme je travaille en « peinture numérique », la construction d’une image se fait en même temps que sa réalisation. Je n’ai pas vraiment de croquis et jusqu’à la dernière minute, les différents éléments de mon illustration peuvent être déplacés, déformés ou retirés. L’outil numérique me laisse une grande liberté de mise en scène. Mais sinon il n’y a pas vraiment de grandes lignes. Chaque éditeur a des besoins différents, et je m’adapte en fonction.

SC : Quelle technique de dessin emploies-tu la plupart du temps ?

BC : Comme expliqué au dessus, je travail en numérique. Je fais de la « peinture numérique » sur ordinateur. A l’aide d’une tablette graphique et de photoshop. Photoshop est le logiciel sur lequel je dessine. La tablette est un outil composé d’une petite plaque et d’un stylet. Quand je dessine sur la plaque mes mouvements sont reproduits à l’écran comme si je dessinais sur papier. Ça permet de conserver toute l’intuitivité du geste, tout en bénéficiant des nombreux outils virtuels proposés par le logiciel.

SC : Combien de temps passes-tu sur un dessin, en moyenne ?

BC : pas facile de bien calculer le temps par image car je suis constamment sur plusieurs illustrations en même temps. Mais je dois passer entre un et cinq jours par image, suivant sa complexité.

SC : Préfères-tu travailler comme illustrateur sur les jeux vidéo, illustration de livres, BD, Comics… etc ?

BC : Ahah, ça c’est le grand drame de ma vie professionnel. Ce que je préfère, c’est justement avoir la chance de faire plusieurs métiers en un seul. Je ne peux pas me résoudre à ne choisir qu’une seul activité, il faut que je touche a tout !

SC : Comment te vient l’idée de base pour un dessin?

BC : Je ne sais pas :)

SC : Quelles sont tes sources d’inspirations pour tes dessins?

BC : Essentiellement le cinéma. Pas mal les jeux vidéo aussi. Mais bizarrement, à coté de ça, pour un auteur de BD, ma culture BD en elle-même est assez pauvre. Mais je pense que ça se sent, de nombreuse personne m’ont fait remarqué que ma BD était découpée comme un film !

SC : Quels sont tes auteurs, réalisateurs et dessinateurs préférés?

BC : En vrac : Ridley Scott, Moebius, Tardi, Tarantino, Bilal, Spielberg, Ashley Wood, Craig Mullins, John Van Fleet, Naoki Urasawa, Bendis, Sparth, Aleksi Briclot, Bengal, Mignola … et plein d’autres…

SC : Quels sont tes films et jeux préférés?

BC : En film : Blade Runner, Star Wars, Alien, Pulp Fiction, Tron, Le Trou Noir… en fait en écrivant je me rends compte que ma réponse est formatée par le thème général de l’interview, mais il y a de nombreux film beaucoup moins graphiques que je trouve tout aussi géniaux comme le cinéma de Bacri Jaoui, des frères Cohen, ou Woody Allen… En jeux, les Final Fantasy (particulièrement le 7 et le 9) , Silent Hill, Tomb Raider, Resident Evil, X3 réunion… en fait je suis un très gros consommateur de jeux, au point que ça devient impossible d’en faire un classement. Il faut les voir en fonction de leur thèmes et aussi surtout de leurs époques. J’aime énormément de jeux, les seuls qui ne m’ont jamais vraiment touché sont les jeux de sport genre foot ou Jo… etc.

SC : Que penses-tu des produits dérivés en général? Connais-tu cet univers? Des pièces préférées?

BC : Je suis un malade mental du produit dérivé. Je suis de très près leur actualité et mon bureau est une vraie caverne d’Ali Baba de ce genre de productions. J’ai des centaines de jouets, statues, maquettes répliques et autres. Je n’ai plus de place pour les exposer. Ça déborde à en vomir. Je dois être une sorte de « fétichiste / collectionneur / boulimique ». J’ai un peu honte… certains passent leur stress avec du chocolat, moi c’est ebay (ce qui n’empêche pas le choco pour faire passer). Voilà, je pense que ça répond à ta question.

Hum, pour ce qui est de mes pièces préférées… c’est de manière général celle que je n’ai pas encore ! Mais s’il faut que je pioche dans ma collection, il y a le Nautilus de Master Replicas que je trouve très élégant. Il y a aussi le Space Jockey de chez Palisades, la version grande taille. Cet élément de décors du film Alien, de par sa beauté et son mystère, a toujours fortement nourri mon imaginaire. Puis le Rebo band et le Rancor de  !

SC : Parle-nous enfin de ton projet de BD…?

BC : Ma BD, mon premier album, « Smoke City », est une histoire en deux actes. Le premier est déjà dispo, le second est en cours. A la base il y a une rencontre avec Mathieu Mariolle, mon scénariste. C’est un gars super. Ça a tout de suite collé entre nous et c’est lui qui m’a ouvert les portes du monde de la BD. Mathieu et moi avons beaucoup de passions communes. Smoke city est une sorte d’improbable cocktail des univers et ambiances qui nous tenaient à cœur. Au final ça donne une histoire de grande cambriole qui tourne à l’occulte. Où des personnages tout droit échappés d’un « Ocean Eleven » seront amenés à côtoyer des créatures lovecraftiennes. Smoke City est une ville imaginaire. Une ville américaine fantasmée. On ne peut pas vraiment la situer, ni dans l’espace, ni dans le temps. Une sorte de Gotham… mais sans Batman :)

SC : Un rêve d’avenir ?

BC : Non pas un : plein. Mais ils m’appartiennent :)

Propos recueillis par Sarlacc.

Visitez le site de Benjamin Carré : www.blancfonce.com

 

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