Leatherface

Premium Format – Collectibles

En 1974 sortait sur les écrans du monde entier un film qui allait défrayer la chronique et  devenir l’un des métrages les plus adulés chez les fans du genre. Au fil des ans, Massacre à la Tronçonneuse s’est transformé en une sorte de mètre étalon, un classique souvent évoqué lorsqu’il s’agit de quantifier l’ambiance oppressante distillée dans les œuvres horrifiques. Qualifier ce film de chef-d’œuvre reste pour moi une évidence, tant ses qualités s’imposent dès les premiers secondes, où les flashs d’un appareil photo laissent entrevoir de morbides images qui imprègnent aussitôt la rétine et suscitent le malaise chez le spectateur… Un malaise accentué encore par le bruit strident du flash en question. Ce bruit me hante d’ailleurs depuis longtemps…

Et faut-il encore mentionner l’impressionnante galerie de fêlés entrevue dans l’histoire ? En effet, Tronche de Cuir n’est pas le seul bourreau, et c’est ce que le groupe d’amis comprend très vite lorsqu’ils rencontrent du reste du clan…

Mais pour une raison indiscutable, c’est tout de même Leatherface qui devient LE boogeyman du métrage de Tobe Hooper : c’est lui le bras armé de cette famille de dégénérés et c’est aussi lui qui tient cette fameuse tronçonneuse qui a tant fait couler d’encre. Il faut dire que son design a de quoi intimider, avec un visage humain en guise de masque… Et son accoutrement totalement décalé qui contribue fortement à la folie du personnage : porter un smoking et une tronçonneuse, il fallait oser !

Sideshow s’est donc penché sur la question il y a quelques temps. Ils ont décidé d’éditer une Premium Format, après avoir sorti plusieurs 12″  à la qualité discutable. Et c’est le Leatherface qui est à l’honneur, dans sa version finale, c’est-à-dire avec… son smoking !

Les habits en tissu présents sur la statue sont de bonne facture. Certains endroits sont usés, voire décousus ou salis… On  retiendra surtout  la fameuse blessure sur la jambe, écopée après la chute de Leatherface dans son rush final. En effet, en passant une barrière, le fou furieux s’effondre et se blesse avec sa propre tronçonneuse… Un détail, certes, mais un détail de poids, puisqu’il est directement destiné aux fans assidus du métrage…

Les cheveux peuvent être disposés « en pétard », ce qui reflète assez bien l’allure que Leatherface montre dans le film. Quant au visage, il est bel et bien sculpté.

C’est d’ailleurs l’une des seules zones de cette PF à être en résine pure et apparente (il y a également les bottes, les mains et la tronçonneuse).

Parler du sculpt revient surtout à parler du visage découpé que le tueur arbore sur ses propres traits. Le résultat est totalement convaincant, puisque les artistes ont eu la riche idée de sculpter une tête, avec des yeux et une bouche, et de la recouvrir ensuite par le masque de chair. Le niveau réaliste s’en trouve renforcé ! Parlons-en de ce masque peu commun… Du rouge à lèvre, du mascara… tout est mis en place pour donner au Leatherface l’allure d’une drag queen tout droit sortie des enfers !

La tronçonneuse est l’arme favorite du croque-mitaine. Il fallait donc lui accorder un soin tout particulier et les artistes l’ont bel et bien compris : les détails sont là, du plus petit bouton à lame rotatrice prometteuse de mort. On notera également la présence d’un bracelet que je ne me souviens pas d’avoir remarqué dans le film, mais qui est de toute façon en adéquation parfaite avec l’ensemble. Des dents, ou des osselets, remplissent ainsi le rôle de ce macabre bijou.

Le socle est très simple. Peut-être trop pourraient décréter les mauvaises langues… Il s’agit d’un bloc de bitume, sans aucun détail ou clin d’œil. C’est ma fois bien dommage. Un socle peut garder toute sa sobriété avec quelques originalités supplémentaires, mais il semble que en ait décidé autrement.

Toutefois, le socle en question renvoie à la scène finale, absolument culte, où la dernière victime du Leatherface réussit le tour de force de s’évader à bord d’une camionnette, laissant le tueur seul face à sa frustration. C’est à ce moment que la célèbre danse de la tronçonneuse commence, où Leatherface se met à bouger de façon grotesque et déséquilibrée. Car c’est bel et bien le déséquilibre qui prévaut dans la pose de cette statue : le meurtrier à la bedaine saillante – de la mousse rembourre la chemise – est en pleine course, déporté par le poids de son arme. On pourrait imaginer qu’il s’agit d’un instantané qui précède ou suit de près cette scène de prégénérique.

C’est peut-être l’un des aspects que je préfère dans cette Premium Format, à savoir une position improbable qui traduit à elle seule les problèmes mentaux dont souffre le personnage.

Pour ce qui est du paint job, peut de choses à dire. Il ne touche que le masque de chair à proprement parler, avec quelques nuances fort bienvenues et un rouge à lèvres du plus mauvais goût – ce qui est donc une qualité supplémentaire sur cette statue, vous l’aurez compris…

A noter enfin que je ne possède que la version normale, et que la version exclue dispose d’un seau rempli avec un liquide peu ragoûtant…

A l’heure où multiplie les déceptions dans sa production, pondre une review sur une si magnifique statue me fait le plus grand bien. J’espère, du fond du cœur, que ce fabricant saura encore à l’avenir m’apporter autant de joie…

– Sarlacc

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