Neytiri

Legendary Scale Figure : Collectibles

On en parle depuis des mois. Tellement que les touches de certains claviers ont sans doute souffert du traitement infligé. Cette profusion de remarques et d’interventions, parfois légitimes, parfois prématurées, souvent passionnées, reflètent parfaitement l’aura qui entoure la pièce en question… La Neytiri Legendary Scale Figure éditée par  !

J’ai pris la décision d’aborder cette review sous un angle nouveau. Cette originalité me semble adaptée à la situation, justement originale, à laquelle fait face le monde la collection.

Je vais donc commencer par rappeler que cette statue est la première Legendary Scale Figure à sortir, une sorte de collection bâtarde imaginée par . Sont annoncés dans la même série des statues comme le Wolf Predator, le Dr Doom ou encore le Indiana Jones… Le dénominateur commun de ces pièces ? Une taille proche du 1 mètre, souvent à l’échelle 1 :2, avec une qualité censée enterrer tout ce qui avait été fait avant. En plus clair. se lance dans l’aventure du produit « ultra luxueux », un peu à l’instar de Cinemaquette… mais avec un cran au-dessus (surtout au niveau de la taille). Plus gros, toujours plus impressionnant, telle est semble-t-il la démarche de base.

Bien entendu, la Neytiri dont nous allons parler n’est pas au 1 :2, mais plutôt au 1 :3, tout comme le Wolf Predator qui devrait sortir dans les mois qui viennent. Toujours est-il que sa taille avoisine 1 mètre tout de même

Il y a presque deux ans, les premières photos de la Belle, estampillée Legacy Effects, inondent le net. C’est d’abord une douche froide, car les clichés sont ceux d’un prototype sans couleur. Il faudra attendre quelques mois, et surtout le Comic Con 2011, pour apprécier la statue à sa « juste » valeur, avec une peinture appliquée avec soin. A ce moment, les forums s’enflamment. C’est l’une des plus somptueuses créations de , même si ces derniers sont responsables de la production et non de la sculpture de base (un design 3D de pré-production ayant servi au film). En parallèle, annonce le lancement de sa série Legendary Scale Figure. Le prix est dévoilé quelques temps après, et c’est un nouveau coup de canon : 1600 dollars ! L’un des proders les plus chers jamais créés par le géant américain.

C’est à ce moment que la véritable attente commence, dans un contexte on ne peut plus délicat pour , avec de multiples problèmes de productions : soucis de casse répété sur certains parties de leurs créations, paint job bâclé, strabisme chez pas mal de statues, peinture qui s’écaille, congestion du service après-vente qui croule sous les demandes… En bref, un raz-de-marée de complaintes, sur la plupart des forums spécialisés… Autant dire que beaucoup de collectionneurs attendaient au tournant, surtout pour cette pièce au prix exorbitant censée promouvoir la suite et la pérennité de la ligne LSF.

Puis vient le Comic Con 2012, avec de nouvelles photos de la belle et une pièce de production présentée aux visiteurs. Là encore, c’est le concert de contestations, une cacophonie qui ira crescendo au fil des mois suivants. Car les clichés désapprouvent le prototype présenté une année plus tôt. Les lèvres sont trop roses, le mascara autour des yeux est prononcé, les coulures et le manque de précision de la peinture sont flagrants sur certain détails… etc. Dès lors, le seul est unique rempart contre le désespoir est de mettre la faute sur les photographes, taxés d’incapables… En bref, les photos ne rendent sans doute pas justice à la pièce.

J’en vois certains qui font la grimace, au fond de la salle, impatients qu’ils sont de connaître mon avis. Je vais donc m’empresser de passer à la review en elle-même, mais j’ai souhaité rappeler chacun de ces éléments dans un souci de clarté pour ce qui sera dit plus loin.

Tout d’abord, soulignons que le carton dans lequel arrive Neytiri fait quelque peu penser aux boîtes des … Entendez par là que a tenté d’emballer sa statue de manière un peu luxueuse, ce qui se démarque du reste de ses production, la plupart du temps. Ainsi, le carton est sobre mais très classe, avec un système d’ouverture différent de l’accoutumée.

Le socle est ensuite fixé dans la partie extérieure du polystyrène. Quant à la statue, elle se retrouve en pièces détachées et c’est au collectionneur de la monter. Rien de bien méchant : le corps, le bras gauche (aimanté), l’arc, la queue de cheval, la queue, le couteau (amovible) et son fourreau ainsi que trois structures végétales destinées à orner le socle.

Une fois la statue montée, on peut se délecter de la pièce.

La pose est iconique au possible. Ceux qui lisent mes reviews savent à quel point j’aime ça. Une félinité sans équivoque émane de Neytiri, ce qui constitue un vibrant hommage à la grâce perçue dans le film. Les courbes sont et les formes sont là, pour le plus grand plaisir de la gente masculine. Ses deux mains enserrent son arc de façon désinvolte, et sa queue s’entortille autour de ses jambes : la belle observe quelque chose, avec somme toute une trace de méfiance au fond des yeux…

Le sculpt est de haute volée. Difficile d’émettre un jugement différent. Même si les traits ne sont pas 100% conformes à ceux du film (c’est la Neytiri de pré-production, ne l’oublions pas…), nous la reconnaissons au premier coup d’œil. On notera la présence subtile de sa cicatrice, juste sous son œil droit. Nous parlions de courbes et de silhouette filiforme : les sculpteurs ont compris que la réussite de leur entreprise passait par le respect de ces éléments. Les textures de la peau sont parfaites et donne l’aspect lisse que l’on retrouve dans la fresque de Cameron. Pour ce qui est des cheveux, les tresses sont d’une finesse ahurissante et confèrent un élan de réalisme à l’ensemble. Mais on ne peut pas parler de la Na’vi sans s’intéresser d’un peu plus près aux parures qui embellissent son corps : collier de plumes et de pierres vertes, bracelet de perles, boucles d’oreilles… tout y est ! Quant à son arc, il fourmille de gravures qui font de lui un petit chef-d’œuvre. Mais ce sont surtout les flèches qui me fascinent : leur pointe est coulée dans une résine transparente, tout comme la lame du poignard. A l’autre bout, l’empennage est soigné, tellement qu’on pourrait croire qu’il s’agit de vraies plumes…

Permettez-moi également de parler du socle, car lui aussi a fait couler beaucoup d’encre. Il est très simple – voire simpliste, mais cela ne me dérange absolument pas. Quelques débris de végétaux parsèment un sol un peu trop uniforme dans ses teintes, incluant une feuille de palmier du plus bel effet. Quelques structures à l’identification impossible sortent de terre, dont plusieurs globes bleus qui font penser à des champignons. Lorsqu’on allume le light-up (le bouton est présent sur l’arrière du socle), ces champignons s’illuminent. A noter que je n’ai pas pu procéder à la vérification du système, faute de temps. Il faut en effet un adaptateur européen que je dois encore me procurer.

Mais passons au plus important : le paint job. Les exemples sont légions : avec une peinture bâclée, la plus somptueuse statue s’enlaidit au point de dégoûter ceux qui ont fantasmé dessus depuis des mois. Alors, cette LSF de Neytiri, sur laquelle reposent les espoirs de centaines de collectionneurs, a-t-elle réussi à éviter l’écueil de la production en masse ? A-t-elle joui d’une attention particulière de la part d’un fabricant qui a tant déçu ces derniers temps ?

J’aimerais que la réponse soit un « oui » absolu, sans demi-mesure. Malheureusement, je n’ai pas le droit d’être aussi catégorique, par souci d’objectivité. Je m’explique…

Certes, on remarquera que cette statue jouit d’un paint job très soigné : les teintes sont bien choisies, les rayures en bleus foncés sur les corps de la belle sont délimités avec soin, retranscrivant ainsi parfaitement l’apparence striée du film… Les yeux portent une pupille noire et un iris relativement complexe qui confèrent au regard une certaine profondeur. Même le mascara qui entoure les yeux participe à cette appréciation. Je le souligne car sur beaucoup de clichés visibles sur le net, ce détail choque…

La peinture appliquée sur les armes est également de très bonne facture, avec de petites subtilités de teintes ici et là : plume de l’oreille droite, fourreau de la dague, arc et flèches, pointes de ces dernières… Oui mais voilà : est-ce assez ?

Lorsqu’on observe la statue de manière un peu plus sérieuse, on s’aperçoit que plusieurs élément manquent de précision : les plumes du collier (où sont les nuances du proto ?), les perles des bijoux, les points phosphorescents qui rythment la peau (par endroit, cela manque cruellement de symétrie comparé au prototype, encore une fois). Puis il y a ces lèvres… Sans être moches, elles m’en demeurent pas moins voyantes et peu respectueuses du personnage. Le rose choisi est trop clair ; il rappelle le maquillage d’une terrienne.

Quant au socle, uniforme au possible, au aurait peut-être bien apprécié quelques éléments colorés qui puissent rappeler l’étonnante flore ou faune de Pandora. En bref, ce sont ces petits « hics » qui constituent le bémol de cette statue. L’œil attentif aura tantôt fait de donner son aval à mon analyse.

J’arrive par conséquent à la dernière partie de ma review, celle qui cristallisera mon opinion finale sur cette pièce hors du commun. La qualité de production ne fait aucun doute, l’emballage est béton et la statue distille une sacrée prestance lorsqu’elle est exposée… ça oui, et avec un grand OUI. Mais je répète ma question : est-ce assez ? Ma réponse est un « non » catégorique. Les collectionneurs ont dû débourser 1600 dollars plus du port et des taxes, ce qui fait monter l’ardoise à quelque chose comme 1400 euros, tout compris. Nous parlons donc d’une petite fortune, qui, pour certains, représente un mois de salaire. Cette somme dépasse – et de loin – des statues du même degré de finition, comme par exemple l’Alien Maquette qui vient de sortir lui aussi. La taille est pratiquement la même, le paint job est excellent sur les deux pièces, la conception est hallucinante…. Mais 700 euros séparent pourtant ces deux statues ! Alors,  ? Pourquoi ? Quelles sont tes raisons ? La présence du light-up ? Le prix de la licence ? La difficulté de production ? Restons sérieux… Je suis incapable de trouver une explication satisfaisante.

Vous aurez donc compris mon point de vue. Pour 1600 dollars, nous devions recevoir ce dont il était question dès le début : une pièce capable de repousser les limites de la production en masse, une pièce proche du proto original… Une pièce que l’on aurait pu, au final, qualifier de parfaite. Car il fallait ça pour justifier ces frais, et justifier la démarches de , bien décidé à se lancer dans le proder de luxe. (Ou d’ultra-luxe diront certains..)

La mission est loupée, et c’est bien dommage. Car le géant américain avait une carte monumentale à jouer. L’occasion rêvée de redorer son blason, de faire table rase des sempiternelles critiques qui fusent depuis des mois, voire des années…

Eh oui… C’est ainsi, la dure vie de collectionneur. On passe de la joie à la déception en un clin d’œil, et cette Neytiri est sans doute le plus bel exemple de cette dualité sentimentale !

Comment résumer tout ça ? Nous tenons là une statue d’exception, la plus belle jamais produite de Neytiri. Elle embellira les collections de tous ceux qui démarchent pour la posséder. La sculpture est somptueuse, le paint job maîtrisé, la pose parfaite. Mais son seul défaut reste son prix : elle est simplement deux fois trop chère. Que nous sorte la même statue à 800 dollars, et c’était le carton assuré.

Dommage.

 

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– Sarlacc