Dossier: la folie de la collection


Dossier : La folie de la collection

« En avant-propos, sachez que cet article a été pondu en 2005, à l’époque où votre serviteur collectionnait encore des figurines Star Wars. Mais je pense que ce texte se contextualise facilement dans ma passion actuelles des proders un peu plus « luxueux » (je n’aime pas ce mot!). Bonne lecture et (re)découverte! »

La folie de la collection ? Ces termes mis ensembles peuvent souvent paraître plus symboliques et plus imagés qu’autre chose… Toujours est-il qu’un passionné de produits dérivés est souvent possédé par une sorte de fièvre, une sorte de maladie incurable qui le tracasse jusque dans le quotidien… Voici donc une petite dissertation sur le sujet, sous l’éclairage de mon expérience personnelle… Toutefois, j’ai essayé d’être le plus objectif possible, de manière à ce que la plupart des collectionneurs se reconnaissent dans ces quelques lignes…

Ce texte est fait pour les collectionneurs, mais aussi pour ceux qui ne comprennent peut-être pas toujours cette passion. J’espère, de par les idées exposées ici, leur livrer quelques bribes de réponses et d’éclaircissements. Mais j’ai aussi peur qu’à quelque part je n’aggrave notre cas aux yeux de ces gens qui nous cataloguent dans le répertoire des fous. Bah ! Je me lance !

Tout d’abord, parlons de la folie des nouveautés, la soif de ce qui n’est pas encore sorti ou annoncé.

Le collectionneur collectionne à sa manière : complétiste, achats aux coups de cœur, focalisation sur les films ou les jeux qu’il adore…etc.

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ien que chaque collectionneur soit différent dans sa manière de faire, il y a semble-t-il une sorte de dénominateur commun chez les amoureux des proders : une soif de nouveauté… Même si le collectionneur pense qu’il dépense trop d’argent, même s’il aimerait que les fabricants qu’il adore ne produisent plus aucun proders de manière à sauver son porte-monnaie, même si le manque flagrant de place constitue un inconvénient majeur pour sa passion, il y aura toujours une petite voix, tout au fond de son être, une sorte de plaisir presque masochiste. Le plaisir de découvrir de nouvelles pièces, de nouvelles figurines ou statues, est sans aucun doute l’une des plus belles caractéristiques de notre passion. Vibrer à l’annonce d’un nouveau produit ! Un régal ! La folie nous pousse à vouloir toujours plus, et c’est superbe.

Mis à part la poursuite éternelle du nouvel objet que l’on veut absolument voir un jour sur nos étagères, il y a aussi la folie de multiplier les objets de la collection.

La folie de l’achat en quelque sorte. Car le collectionneur trouve bien souvent un plaisir non dissimulé à acheter une pièce pour l’obtenir ! Le fait de posséder quelque chose, de savoir que l’on peut sans autre aller l’observer en ouvrant une porte est quelque chose de très important. Bien plus, une fois que l’objet en question est obtenu, que le désir de possession est assouvi, ce désir est souvent aussitôt remplacé par celui d’un autre objet. Combien de fois chaque collectionneur qui lit ces lignes ne s’est pas dit : je prends encore cette statue et après j’arrête car j’aurai toutes les statues de la collection qu’il me faut…. Il semble que le collectionneur se trouve finalement dépendant du fait même de posséder. Lorsqu’il n’a plus rien à acheter, il lui semble être alors une sorte d‘orphelin. C’est un constat fort étrange mais bien réel.

Mais attention les amis, il ne faut pas tomber dans le syndrome « j’achète les yeux fermés« . Ou plutôt, il faut y réfléchir avant de le faire. Ces dernières années, la diversité des proders a explosé d’une manière foudroyante. On arrive à un stade où les choix sont de rigueur tant la variété est grande. Les films vendent maintenant leurs droits à des dizaines de compagnies différentes, ce qui donne au final une sorte de sursaturation des produits dérivés. Il est impossible de tout acheter. Mais les fabricants ont compris cette soif de nouveauté et cette soif de posséder qui animent les collectionneur : c’est la raison qui les pousse parfois à faire tout et n’importe quoi… Et cette notion de « vache à lait » sera toujours de mise, tant que nous achèterons tout et n’importe quoi… Je ne jette la pierre à personne. Chacun possède ses goûts et ses couleurs. Mais on a parfois la sensation qu’un fabricant sort un produit à l’effigie de Star Wars sans trop réfléchir à la qualité. Il sait pertinemment que les collectionneurs se rueront dessus, pour la simple raison que le logo Star Wars est présent sur l’emballage…

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isons aussi qu’on ne peut pas vraiment critiquer cet état de fait : le vendeur, l’acheteur et même celui qui crée les jouets et statue en Chine (sur ce point il y a des exceptions…) trouvent dans ces affaires un bénéfice. Il ne faut donc pas critiquer l’aspect commercial avec trop de vigueur. Cela ne fait que des heureux, puisque personne ne nous pousse à acheter Ne l’oublions pas.
Mais soyons honnêtes, il y a une foultitude incalculable de choses à acheter, et la soif de nouveautés ou de posséder, la folie qui nous guide, peut facilement être assouvie ici bas.

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our conclure ce point, cédons à la soif, mais gardons à l’esprit une petite touche critique pour le tout et n’importe quoi (pas dans le sens purement négatif, attention) que nous offre les commerçants.

Il y a bien d’autres points qui constituent la grande folie de la collection…

Par exemple, cette délicieuse fièvre qui nous prend lorsque, le cutter à la main, on ouvre soigneusement le paquet qui vient d’être amener par notre facteur chéri (qui lui en a plein le fion de se bousiller le dos à vous apporter vos colis…). Les mains tremblantes, on écarte les différentes couches protectrices, comme s’il l’on fouillait le sol à la recherche de quelque trésor enfoui. Enfin, le joyau tant attendu. Et ensuite, le grand plaisir de découvrir de ses propres yeux le produit dérivé ! C’est superbe ! Plusieurs fois, mes proches m’ont fait comprendre que je me comportais un peu comme un gamin devant ses cadeaux de Noël, avec une impatience et une joie presque attendrissante. Je ne m’en plains pas et ne refuse pas du tout ce statut. Je l’admets, cela me rappelle tout à fait mon enfance… Ou alors suis-je toujours un enfant ? Peut-être.

Et le fait de disposer ses objets ne se révèle-t-il pas quelque peu important ? Lorsque enfin vous déposez votre nouvelle acquisition sur l’une de vos étagères, c’est comme si un nouvel ami venait d’arriver dans votre foyer (toute proportion gardée). C’est en tout cas l’impression que cela me donne. Et puis, avec une lenteur mêlée d’excitation, on fait quelques pas, on se retourne et on contemple le nouvel arrivant aux côtés de ses confrères. Ainsi, la famille s’agrandit, et cela nous gratifie d’une telle beauté qu’on a tout simplement envie de continuer, et d’accueillir une nouvelle pièce, et ainsi de suite…

En résumé, on voit bien que la folie qui nous tient peut posséder de nombreuses facettes. Cette folie n’est pas la même chez tout le monde, et je ne prétends en aucun cas essayer de dresser ici la liste exhaustive de ce qui rend « fou » le collectionneur.

La vraie question, après tout, est de savoir si cette folie qui nous enlace est positive ou négative.

Pour ma part, j’apporterais la réponse qui me semble la plus appropriée, en disant que la folie ne peut être que bénéfique, lorsqu’elle est tout de même guidée par un esprit fort, lucide et responsable. J’entends par là que le plus important sur terre reste les amis, la famille, la vie de tout être vivant (sans être trop philosophe) et le bien-être en général. Tant que la folie de la collection reste bridée par une main ferme, on ne court aucun risque de déluge financier et autre problème relatif à notre si chère passion. Faites passer le plus important avant la passion, les amis ! Prenez garde aux méandres sinueux d’une folie dépensière et aveugle ! Ne chérissez pas vos petits joujoux avant d’embrasser votre femme et votre enfant ! Car l’amour vrai est celui que tissent les êtres entre eux, celui qu’entretient un homme avec ses potes, ou même un maître avec ses chiens. La vie avant tout ! Et ensuite la passion.

Mais on se rendra vite compte que reléguer la passion en second plan n’a rien de problématique. Il est facile, après tout, de vivre à fond sa vie d’humain tout en vivant à fond sa vie de collectionneur.

La folie de la collection, une fois le danger écarté, n’est après tout qu’un délicieux fruit qui ne demande qu’à être cueilli aussi souvent que faire se peut! Vivons notre passion avec le plus grand des dévouements ! Soyons fous, profitons des bienfaits de cette folie ! Abreuvons-nous de nouvelles figurines, de nouvelles statues ! Soyons fous ! En avant, collectionneurs chevronnés ! Je suis un fou ! Et ça me plaît !

– Sarlacc

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