Barad-dûr

Environment : Collectibles

A l’époque où / sortait ses produits estampillés LOTR, nous étions plusieurs à collectionneur les « environments », de petites statues représentant les lieux les plus emblématiques de la trilogie. Mais au fil des années, il a fallu se rendre à l’évidence : Barad-dûr, la forteresse de Sauron, ne verrait jamais le jour.

Fort heureusement, la société new zélandaise, échaudée sans doute par la sortie imminente du Hobbit au cinéma, s’est replongé dans la production de certaines statues et autre gadgets, mais principalement des environments qui manquaient à l’appel, 10 ans plus tôt. Ainsi, nous a offert l’Argonath et le Poney Fringant (toutes deux des sculptures de l’époque), Fondcombe, Orthanc (une version « saine » de la tour, avant le retournement de Saruman)…

Weta a annoncé en grandes pompes la sortie de Barad-Dûr, en mettant l’accent sur l’incroyable difficulté relative à sa conception. Des centaines d’heures de travail seront nécessaires à l’élaboration du prototype, qui s’appuie sur de solides archives de la maquette originale…

Un constat s’impose d’emblée à l’ouverture du carton. La taille de cet environment dépasse tout ce qui a été fait précédemment. Le socle est massif, surélevé, et ajoute encore plus au gigantisme de la pièce. Et le poids va avec ! On peut déjà affirmer que Barad-Dûr fait partie de ces pièces qui rendent l’exposition difficile… Entendez par là qu’il faut de la place, en largeur comme en hauteur, et une étagère qui soit capable de résister au poids de l’objet…

La grande force de cette statue, c’est la finesse impressionnante de la sculpture, avec un florilège de détails qui ridiculise la plupart des productions « prodériques », toutes marques confondues. Pour ma part, c’est bien simple : si j’omets quelques cas rarissimes, incluant certains projets, je n’ai jamais vu de statue aussi détaillée que ça. Je pense que les photos parlent d’elles-mêmes… Ainsi, le nombre de fenêtres, de briques, de tours, de créneaux et d’éperons défient l’imagination. Honnêtement, j’ai de la peine à comprendre comment les artistes ont pu réaliser une telle prouesse à cette échelle.

Des couronnes de piques coiffent certaines des tours, une caractéristique que j’apprécie tout particulièrement car elle traduit toute l’agressivité et la malignité de la forteresse. Un autre élément remarquable reste sans conteste la façon dont Barad-dûr épouse la roche sur laquelle elle a été bâtie. On pourrait croire qu’elle n’est pas une construction au sens stricte, mais plutôt une sculpture, exécutée par des milliards de coups de burins. A certains endroits, la roche se mêle aux briques de manière intime, comme si la pierre embrassait l’architecture de Sauron…

En ce sens, Barad-dûr me rappelle Minas Tirith, qui elle aussi est fruit d’un subtil mariage entre la réalisation de hommes et celle de la nature.

Cette roche, justement, possède une texture poreuse qui mime à la perfection l’aspect volcanique propre au Mordor.

Pour ce qui est du paint job, les mauvaises langues prétendront qu’il s’agit simplement d’une masse noire dénuée de contraste. J’émettrais justement une réserve, car même si la tâche n’est peut-être pas aussi complexe que sur une statue d’être humain ou de créature, les artistes ont tout de même évité l’écueil de la facilité. Ainsi, la teinte de Barad-dûr, très sombre, tranche avec celle de la roche, sensiblement grisâtre. La distinction entre les deux structures est possible avec un éclairage adéquat.

La lave présente dans les douves de la place forte offre un contraste magnifique. L’emploi de plusieurs coloris – jaune, orange, orange foncé – permet de donner une véritable « chaleur » à la roche en fusion.  Il y a également ces grumeaux de roches flottant à la surface de la lave, d’un noir profond. Un effet génial, et surtout réaliste compte tenu des quelques émissions de volcanologie que j’ai pu suivre par le passé. On notera aussi cette rivière de lave suivie d’une cascade qui vient alimenter les douves. Une chouette idée des artisans de chez  !

On peut le déclarer sans ambages : le seul reproche à formuler n’est autre que l’absence de l’œil au sommet de la tour. Pourquoi diantre n’a-t-il pas réalisé quelque chose sous la forme d’une résine translucide ? A la manière d’un œil en verre par exemple, qui se fixerait entre les deux cornes. C’est pour moi le gros point noir de cette réalisation…

Je pense que mon texte est suffisamment long, et qu’il est maintenant temps de passer aux photos. Je conclurais tout de même en disant que cette statue possède un véritable pouvoir hypnotique. On ne lassera jamais d’en admirer les moindres détails, de confronter ses souvenirs filmiques avec les différents angles de vue que l’on pourrait prendre pour l’admirer. Oui, une fois de plus, nous tenons là une statue emblématique au possible, capable de synthétiser toute une trilogie en la représentant fièrement sur une étagère.

Un collectionneur pourrait en effet se contenter de posséder cet environment si son objectif était la sélection d’une seul pièce par univers…

Car après tout, Barad-dûr n’est qu’une extension du mal à l’état pur, incarné par Sauron… J’irais même plus loin : Bard-dûr, c’est Sauron !

NB1 : Il existe une application éditée par qui permet à votre smartphone et autres tablettes d’insérer l’œil au sommet de la tour. Il suffit de diriger la caméra sur l’objet, et miracle ! Très sympathique au demeurant, ce n’est qu’un gadget qui reste incapable de pallier au problème évoqué plus haut.

NB2 : Un projet pour se faire fabriquer un œil, ça vous dit ? Merci à Legollum pour l’idée !

– Sarlacc

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