The Crow


Figurine PVC 18″ – NECA

The Crow fait sans doute partie de ces films maudits. A l’instar d’Heath Ledger pour Batman the Dark Knight, Brandon Lee, fils du génial Bruce, est décédé lors du tournage du film, et ceci d’un fâcheux accident. « Heureusement », il ne restait que quelques scènes à tourner, ce qui a permis à Alex Proyas de terminer avec l’aide minime des ordinateurs.

A noter également que James O’Barr, dessinateur de la BD qui est à la source même de l’histoire, a accouché de cette œuvre suite au décès tragique de sa compagne. Il a en effet utilisé le médium du dessin pour exorciser le mal qui le contaminait. Il n’est donc pas étonnant que sur ce métrage pèse une aura macabre. Une aura de mort et de souffrance. Et étrangement, une aura de délivrance et d’espoir… Bref, pour moi, the Crow n’est rien d’autre qu’un pur chef-d’œuvre. Ni plus, ni moins.

Il y a quelques années, McFarlane annonçait une figurine à l’effigie d’Eric Draven. Même si le résultat semble aujourd’hui un en deçà des figurines contemporaines, je me souviens avoir sauté de joie lorsque je l’ai reçue. Quelques années plus tard, Neca obtient la licence et nous offre le bijou qui fait l’objet de la présente review.

Nous sommes dans les 18 inches, ce qui veut dire exit la résine et les habits en tissu. Nous ne sommes pas dans les Premium Format de chez , même si l’échelle est ici la même, soit du ¼…

La sculpture est bien entendu à la hauteur des espérances. Car on ne parle pas assez de ceux qui taillent la cire dans le processus de création des toys. C’est tout bonnement splendide. Les plis du veston, les cheveux, le corbeau (chaque plume !), les chaussures sans lacets… Tout a été pensé pour représenter au mieux l’allure du personnage au moment où il se retrouve sur la table devant les dizaines de gangsters prêts à l’occire. Autre détail de choix : l’anneau de Shelly que porte Eric autour du cou. A mon sens, le point noir du sculpt (qui est accentué par le paint job douteux en ce qui concerne la couleur) n’est autre que les pattes du volatile, un peu trop grossières.

Le paint job, puisqu’on en parle… Disons-le clairement, ce n’est pas le paint job le plus compliqué puisque les 90% du personnage sont noirs, puisque habillé… Il n’y a pas de nuances de couleurs pour accentuer le contraste. Par contre la matière employée pour la figurine brille, ce qui rend le cuir plus vrai que nature ! C’est un bon exemple : le choix de la matière permet quelque fois d’éviter du travail de peinture. Mais je viendrai directement à l’essentiel : le visage. Car là réside une bonne partie du pouvoir d’évocation de ce proder. C’est tout simplement magnifique. Les peintres à la chaîne ont réussi le pari de donner toute la tristesse inhérente au personnage, de livrer toute la nostalgie d’une époque révolue, perdue dans la mort et le temps. Les yeux, les traits du visage, sont à tomber. Le maquillage blanc possède des zones de couleur beige-peau, de manière à simuler le ruissèlement de la couleur dû à la pluie et aux larmes. Quelques petits coups de pinceaux bien placés sur le front donnent l’impression de voir des cheveux collés par l’eau. Ce visage constitue sans doute l’un des plus beaux travaux de peinture sur figurine qu’il m’ait été donné de voir. Bien plus, peu de statues peuvent se targuer d’avoir bénéficié d’une minutie aussi poussée… Un grand bravo aux peintres, moi je dis !

Puisqu’il s’agit d’une figurine NECA, elle a bien entendu un petit gadget interne lui permettant de balbutier quelques phrases tirées du film, dont certaines cultes comme le très beau « maman est le deuxième nom de Dieu dans la bouche et dans le cœur de tous les enfants » (en anglais bien évidemment…)

Etonnamment, les plus beau proders de The Crow sont des « jouets » (de quoi fermer le clapet de ceux qui dénigrent le plastique). NECA a également édité une statue identique aux proportions plus réduites (du 12 inches) et force est de constater qu’elle fait bien pâle figure aux côté de ce petit bijou, que tout collectionneur du vengeur maquillé se doit d’avoir !

Et si nous gratifie un jour d’une PF à l’effigie d’Eric Draven, il faudra placer la barre très très haut !

The Crow, la plus belle 18 inches jamais réalisée ? Possible…