Faune – Gamma Project 1

Fan made life size bust by Max

Je me remets gentiment de mes émotions… Après l’avoir observé sous toutes les coutures et l’avoir bombardé se dizaines de photos, je suis à même de dresser une review en bonne et due forme. A ce propos, je me contenterai ici d’aborder tout ce qui concerne l’apparence de la pièce et laisserai volontairement de côté l’aspect historique et émotionnel. En effet, nous prévoyons de sortir un dossier complet sur ce magnifique buste, un peu à l’image de ce que nous avons réalisé pour le Lurtz.

L’attente a été longue mais jamais ennuyeuse, car je savais à quoi m’attendre : le buste, en photo, fait monstre d’une qualité indéniable, où les détails se le disputent à des courbes fabuleuses.

J’avais eu la chance d’apercevoir le prototype l’été passé chez le sculpteur, qui depuis a atterri chez remstoch (mon poto Rémy que je salue au passage.) Quelle rencontre ! Mais même dans ces conditions, après avoir été sevré de photographies et avoir passé de longues minutes à l’observer cet été, je n’étais pas réellement préparé à l’émotion vécue il y a quelques jours.

Je saluerai pour commencer le sérieux de Max en ce qui concerne l’emballage de la pièce, fort bien protégée par une flopée de morceaux de polystyrène et de nombreux tours de papier bulles. Livrées dans deux cartons – un pour les cornes, un autre pour le buste et le socle – les différentes parties sont soigneusement retirées de leur emballage. Mon fils d’une année et demie m’épaule dans l’entreprise, tout en mâchant gaiement quelques bouchées de polystyrène. Mémorable.

Je sors d’abord les cornes (je les ai reçues deux jours avant le second carton), puis le buste et enfin le socle. Armé d’un petit tournevis, je m’efforce de fixer les deux cornes. Attention ici, pour mes quatre potos faisant partie de ce Gamma Project, aux éventuels dangers de déséquilibre : lorsqu’une corne est en place, le buste ne tient plus debout. Il est donc recommandé d’effectuer l’opération avec une seconde personne.

Que dire ? Qu’on atteint la perfection ? N’ayons pas peur des mots !

La qualité de la sculpture laisse tout bonnement pantois. Le nombre de détails sur le visage est ahurissant. De la plus petite ride aux sillons plus importants qui jalonnent le front, la profusion est telle qu’elle en donne le tournis. Parlons également du torse du monstre, avec toutes ces fissures et ces nœuds qui rappellent le tronc ou l’écorce d’un arbre, et on obtient la quintessence même du personnage, à savoir un subtil mélange entre l’animal et le végétal. On remarquera des épaules bardées de branches cassées et pour cause ! Max a eu la riche d’idée d’utiliser du vrai bois dans sa sculpture de bois.

Il est important de spécifier l’asymétrie générale du Faune, qui est la base même du casse-tête enduré par l’artiste. Cette caractéristique passe souvent inaperçue au premier coup d’œil, mais elle n’en demeure pas moins une « réalité » que Max voulait absolument respecter. Ainsi, les deux cornes ne sont pas les mêmes ; elles se torsadent de façon différente, s’éloignent du crâne avec leur cheminement propre… Le visage est lui-même soumis à cette asymétrie, et les plus observateurs s’en rendront peut-être compte sur les photos présentées plus bas.

Les yeux sont comme atteints par la cataracte, ou plutôt la cécité. On distingue tout de même la pupille horizontale, semblable à celles des chèvres. La couleur de ces yeux est donc en étroite relation avec la version choisie, à savoir le Faune tel qu’il apparaît au début du film. En effet, la créature rajeunit durant toute l’histoire et se métamorphose au fil de ses apparitions. Lors de l’inoubliable final, le Faune exhibe des yeux parfaitement « normaux »… Plusieurs participants du projet ont justement choisi cette version et nous tâcherons de vous en reparler.

Passons maintenant au formidable travail de peinture, qui ne fait qu’embellir la sculpture. Je suis incapable de décrire correctement les multiples nuances de couleur qui parsèment le buste. La peau de la créature est est un mélange de vert, de brun et de beige, mais c’est sans compter toutes les autres touches de couleurs, que ce soit au niveau de la bouche, autour des yeux, sur les cornes ou encore sur le cou, le torse et les omoplates. Ici, les bruns et les beiges se succèdent, se mêlent, se marient dans la plus authentique des harmonies. Le challenge était pourtant de taille : mimer le plus parfaitement possible les teintes d’un arbre. Mission réussie, et j’espère que l’avalanche de clichés située plus bas l’atteste sans problème.

Les cornes ont elles aussi fait l’objet d’un soin tout particulier. Max a réussi à donner beaucoup de relief, entre sa sculpture et sa peinture. Il a eu également la riche idée de mettre des touches de peintures brunes qui simulent à la perfection des dépôts de terre séchée.

Un autre élément remarquable n’est autre que la chevelure du Faune. J’ai la chance d’avoir plusieurs créations de Max, et l’artiste emploie une technique qui consiste à coller de petites touffes de poils sur la résine. Un travail de longue haleine mais qui donne au final un résultat saisissant. Ici, les touffes de poils sont minuscules, ce qui poussent le degré du réalisme encore plus loin ! Et ce n’est pas seulement la chevelure qui est concernée, mais également la barbichette et les poils disposés dans les oreilles.

Autre chose qui me plait beaucoup, ce sont les petites touches de vernis que Max s’est amusé à appliquer ici et là. Il s’agit peut-être d’humidité ou d’une sorte d’humeur végétale qui suinte de la créature. L’interprétation est libre à chacun. Et puis il y a aussi toutes les mousses collées sur le buste ou dans les interstices du tronc du Faune. Et oui, de vrais végétaux!

N’oublions pas le socle, car à lui seul c’est une œuvre d’art. De forme arrondie, il évoque le labyrinthe, avec ces échancrures sorties d’une autre époque, dont la véritable signification s’est perdue dans les lacis du temps. A l’intérieur de ses marques, de l’eau de pluie semble s’être accumulée, avec quelques débris de végétaux. Max a bien entendu utilisé une technique connue qui consiste à verser de la résine transparente qui, une fois sèche, fait illusion.

Il y a également une inscription sur le tour du socle, à savoir ces quelques mots en latins, situés sur l’arche à l’entrée du labyrinthe. «  In consiliis nostris fatum nostrum est », ce qui veut dire « Dans nos décisions réside notre avenir. » Une bien belle devise, tellement et si belle quand on connaît le thème et la scène finale du film.

Je ne vais pas m’éterniser dans cette review. Il est difficile de retranscrire clairement la claque visuelle que je ressens à chaque fois que je regarde ce buste, mais je vais tâcher de m’y atteler pour notre prochain dossier sur la genèse et l’histoire de cette œuvre fabuleuse.

Je terminerai donc en remerciant une fois de plus Max pour son investissement dans ce projet. Mine de rien, il s’en est passé des choses en trois ans !

Bon, maintenant, va falloir plancher sur un nouveau projet ! Des idées, on en a des tas, dont une ou deux qui devrait ravir les futurs participants !

 – Sarlacc

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