Azog

Fan made life size bust by Max

Au moment de l’histoire du Hobbit, Sauron n’est qu’une ombre, un mal qui s’enracine tout juste dans les Terres du Milieu. Il faudra attendre la Communauté de l’Anneau pour qu’il expose enfin toute sa puissance. Peter Jackson a donc été contraint de trouver un moyen de rendre ce mal plus palpable et plus concret dans sa nouvelle trilogie. A l’issu d’un développement hors norme qui a bien failli coûter cher aux créateurs du film, l’équipe artistique accouche d’une créature magnifique, qui s’impose très vite comme le méchant emblématique par excellence.

A l’instar de Darth Maul pour Star Wars, Azog est LE bad guy du Hobbit. Mais là où Lucas a commis l’erreur de faire disparaître sa meilleure idée à la fin de la Menace Fantôme, Jackson exploite son personnage de manière réfléchie.

Dans ce cas de figure, pas étonnant que les collectionneurs réclament très vite des produits dérivés à l’effigie de l’orc blanc de Gundabad. Les sorties se multiplient, mais la qualité n’est pas obligatoirement au rendez-vous.

Ainsi, Max décide de se lancer dans la sculpture d’un nouveau monstre. Après Lurtz, le Faune ou encore le Paleman, Azog est un candidat idéal. Etant donné mon addiction pour tout ce qui sort de l’univers de Tolkien, j’ai fait confiance à l’artiste dès les premières étapes de création.

J’attaquerai cette review en soulignant la qualité de la sculpture. Vu la personne impliquée, on commence à avoir l’habitude, certes, mais la masse de détails est telle qu’on pourrait la prendre pour le syndrome d’un perfectionnisme maladif ! Un nombre incalculable de rides et de plis strient la peau du monstre. Des imperfections (pustules, verrues noires) apportent également leur lot de subtilités. Et on notera aussi la présence de plusieurs cicatrices, récoltées durant une existence riche en bagarres. Bien entendu, Max a soigneusement travaillé les différentes scarifications que l’orc s’est infligé à lui-même, ces éléments contribuant fortement à l’aura que diffuse le personnage. C’est la marque de sa folie et son agressivité. Au fond des plaies, des boursoufflures de chair rappellent que la cicatrisation ne s’est peut-être pas faite correctement.

L’oreille gauche, quant à elle, a été déchiquetée. Un ennemi quelconque serait-il responsable de cette blessure, ou Azog s’est-il égaré dans ses démarches d’auto-mutilation ? Impossible de le dire, mais le résulat est stupéfiant.

De surcroit, le travail de Max nous permet d’évaluer la force de l’orc ; sa musculature est bandée tandis que les veines, gonflées par le sang qu’elles délivrent, sinuent sous la peau comme autant de petits ruisseaux. Il en résulte une sensation de tension extrême, de rage difficilement contenue. Dans quelques secondes, Azog brisera les barrières de son self-control, afin de déchaîner toute sa furie guerrière…

J’en viens maintenant aux yeux. L’artiste s’adonne à la confection de ces organes depuis quelques années, et le résultat est chaque fois meilleur. Ici, on obtient des iris d’un bleu profond, ce qui contraste avec les nombreuses veinules qui viennent rougir le reste de l’œil. Le contraste est splendide, ajoutant une touche supplémentaire à la vileté du monstre.

Passons maintenant au paint job. Max a fait ses tirages grâce à une résine semi-translucide, permettant de simuler la transparence naturelle de la peau. Plusieurs couches se succèdent, afin de rendre le tout crédible. Azog est une créature albinos, raison pour laquelle les teintes employées tournent autour du blanc. Franchement, le résultat laisse pantois. On s’attendrait presque à rencontrer quelque chose de mou lorsqu’on appuie avec le doigt. En d’autres termes, je pense qu’on détient ici la preuve que la résine peut concurrencer le silicone quant au rendu de la chair.

Les scarifications ont été peintes en rose. Ajoutons à cela quelques gouttes de vernis de manière à accentuer la brillance, et on obtient des cicatrices en voie de guérison, qui suintent en permanence.

L’oreille droite arbore un coloris nettement plus rouge, comme si une infection secouait constamment cette zone.

Pour ce qui est du socle, c’est aussi un sans-faute. Max a décidé de sculpter quelque chose qui s’apparente à de la roche. Cela nous rappelle le combat devant les Mines de la Moria, au début d’un Voyage Inattendu. Le mariage entre le gris de la pierre et la blancheur de la peau se fait tout naturellement. Surtout que Max, jamais à court d’idées, s’est amusé à faire un dégradé gris sur les bords du buste, atténuant la frontière entre les deux parties.

En définitive, Maxime Roudaut nous offre un nouveau bébé tout simplement parfait. Azog incarne toute la fourberie de l’Ennemi dans le Hobbit. Et puisque la nouvelle trilogie de Peter Jackson est une fresque magnifique qui va sans doute s’inscrire définitivement dans les annales de la Fantasy, le grand méchant qu’est Azog méritait son passage du pixel à la résine, sous les doigts de l’artiste. Alors que la splendide statue de (Azog sur son Warg blanc) est en passe d’être livrée chez les collectionneurs, ce buste apparaît comme le meilleur des compléments.

Bravo Max !

– Sarlacc

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