Radagast

| STATUE – WETA COLLECTIBLES |

Radagast est un personnage excentrique et bourré de tics, une sorte d’ermite quelque peu loufoque – une loufoquerie qu’il témoigne d’ailleurs dans chaque scène où il apparaît. Mais là ou Lucas a fait de Jar-Jar Binks un crétin qui accumule les bourdes sans servir l’histoire, Jackson a développé Radagast comme un allié de choix qui sauve la mise de la compagnie naine. En effet, il n’est pas seulement un bouffon engoncé dans sa toge rapiécée, un érudit versé dans l’art de la pantalonnade ; il est également un magicien, l’égal de Gandalf, même si sa façon d’agir est bien différente. Caricatural mais jamais ridicule, Radagast est présenté comme l’ami des bêtes et de tout ce qui pousse. Il est l’incarnation d’une volonté écologiste dans les Terres du Milieu, un peu comme les Ents dans la trilogie LOTR.

La statue, grâce au talent de , distille l’essence même du personnage. Pour commencer, le visage renvoie une douce folie, ce côté farfelu qui lui confère son comique. Mais sur ce visage, il est également question d’une nostalgie confinant à la tristesse. Qu’on le veuille ou non, ce personnage n’est pas uniquement un prétexte à faire rire le spectateur, comme je l’ai expliqué plus haut. Il y a plus. Il y a l’inquiétude, la sensibilité, le respect. Et franchement, c’est ce genre de subtilité que j’affectionne et que j’ai retrouvé sur cette statue.

On remarquera la présence de trois animaux différents, à savoir un hérisson sur le socle (Sébastien ?), un mulot sur l’épaule et un oiseau sur le bout des doigts… Quoi de plus logique pour représenter ce chamane éperdument amoureux de sa forêt ? Il y a une réelle dimension poétique dans cette représentation.

A cela s’ajoute un sculpt tout bonnement incroyable. Les détails fourmillent, que ce soit dans les habits, sur le socle, le bâton ou même le visage. Chaque poil de la barbe est représenté, ou du moins est-ce l’effet que donne le travail des artisans! On pourrait toutefois émettre une réserve concernant la ressemblance avec Sylvester McCoy, ce n’est pas trop dérangeant. On reconnaît le personnage au premier coup d’œil, et c’est ce qui compte. Ah, au fait, sachez que les sculpteurs n’ont pas oublié la cascade de cailles d’oiseaux sur son épaule ! Il fallait le préciser…

Le paint job permet d’embellir la chose. Pour une production de masse, je ne pense pas m’avancer en affirmant que c’est proche de la perfection. Les nuances sont légions, les couleurs bien choisies, les dégradés discrets… Seul l’oiseau aurait peut-être mérité un peu plus de finesse d’exécution, mais ça reste honorable. Le visage et la barbe sont eux aussi contrastés par des brossages à sec du plus bel effet. Le cristal, présent sur le bout du bâton, a bénéficié d’un traitement simple mais efficace: suivant la façon dont on regarde la statue, on pourrait croire qu’il y a réellement une transparence dans la résine!

Le socle reprend quelques éléments de la forêt, avec des bouts de bois colonisés par des mousses. Et bien entendu le petit hérisson, assis sur une litière de feuilles jaunies par l’automne!

Pour ma part, cette statue constitue peut-être la plus belle réussite de pour ce qui est des personnages humains. Un argument de plus pour se ruer sur cette pièce, que j’augure « sold out » dans pas longtemps.

– Sarlacc