Azog on Warg

| STATUE – WETA COLLECTIBLES |

Azog est l’incarnation du mal dans la trilogie du Hobbit. D’un point de vue purement marketing, on comprend pourquoi s’est empressé de sortir une statue à son effigie. Les méchants se vendent bien. Je n’ai toutefois pas l’intention de donner à cette review des allures anticapitalistes, puisque j’inclurais ma personne dans ma critique. Soyons clairs : réalise ici le fantasme de milliers d’aficionados. Ne crachons surtout pas dans la soupe !

Nos Kiwis préférés ont fait une annonce qui a pris des allures de coup de tonnerre dans le monde de la collection. Un tirage de 500 pièces pour un personnage adulé et central dans l’histoire. Mais le bât blesse au niveau du prix : 699 $… Néanmoins, lors des précommandes, une armée de fans inconditionnels, nullement refroidis par la dépense encourue, se jettent sur leur clavier.

Quelques semaines plus tard, l’annonce de est sans appel : la statue d’Azog est dorénavant sold out. La seule façon de l’obtenir revient à traquer les exemplaires encore disponibles chez les revendeurs, mais très vite, la pièce disparaît des rayonnages numériques de nos magasins fétiches.

C’est à ce moment que surgit le mot « Graal » chez les collectionneurs du monde entier, et que commence logiquement une quête pour ceux qui auraient loupé la statue. A l’heure actuelle, il est rare de voir une pièce suscitant autant d’engouement et d’intérêt.

Les sculpteurs s’en sont donnés à cœur joie en ce qui concerne la pose. Un dynamisme à couper le souffle, avec un Warg en pleine course, en train de négocier un virage des plus périlleux ! Sur sa selle, Azog est avachi, les cuisses plaquées contre les flancs de sa monture. Il semble lorgner une cible, sans doute un fuyard qui se retrouvera bientôt empalé sur sa prothèse de métal acérée. Le déséquilibre de la statue, engendré par ce choix artistique, rend l’ensemble magnifique et harmonieux. On se demandera encore longtemps comment a pu trouver le moyen de faire tenir en place autant de résine. Car le poids de cette pièce est tel que la manipuler tout seul revient à exécuter une bonne séance d’haltérophilie. C’est d’ailleurs un véritable challenge que d’installer la statue sur le socle, en employant les trois puissantes tiges prévues à cet effet. Un conseil : n’hésitez pas à requérir un peu d’assistance auprès des membres de votre familles. Vos muscles et vos nerfs vous diront merci !

Du côté de la sculpture, c’est tout bonnement somptueux. Azog apparaît tel qu’il est dans les films, avec sa musculature impressionnante, ses scarifications ou son moignon coiffé d’une arme redoutable. Détail fascinant, le pagne que porte l’orc est constitué de visages tannés, prélevés sur des Nains. L’image est forte, vous en conviendrez, et ajoute une touche de Dark Fantasy fort bienvenue dans l’univers parfois un peu édulcoré du Hobbit. Quant au Warg, il vole presque la vedette à son maître. Il s’agit d’une femelle, si l’on en croit les différentes explications glanées dans les livres ou sur les sites. Une information confirmée par la sculpture, dénuée d’attributs masculins. Les poils ont bénéficié d’un soin particulier, tout comme la gueule, bourrée de crocs, qui expose une langue dégoulinant de bave. Les pattes ressemblent à celle d’un gros chien, munies de griffes et de gros coussinets. Une réelle force jaillit du monstre et s’impose comme une évidence. Ce Warg est un tank, une masse de chair lancée à vive allure dans les forêts des Terres du Milieu. D’ailleurs, le socle présente une foultitude de détails en rapport avec la forêt. On reconnaîtra même quelques pommes de pin, ce qui évoque directement la scène finale du premier opus. Une souche frôle le Warg et fait office de support pour la statue… Une très bonne idée de la part des concepteurs.

Weta nous a souvent habitués à un paint job incroyable. Les Néo-zélandais ont compris que le succès de leur gamme reposait en partie sur ce point. Force est d’admettre que le contrôle qualité est exemplaire. Une application de peinture douteuse est capable de nuire totalement à une sculpture proprement géniale. Dans le cas qui nous intéresse ici, la peinture ne fait que sublimer la résine.

Des dégradés sont visibles sur tout le pelage du Warg, lui conférant un certain réalisme. L’intérieur de la gueule est également l’occasion de tester le savoir faire des usines. Les teintes roses se mêlent au vernis, simulant ainsi l’humidité de la salive. Les dents sont entartrées et on s’attendrait presque à y voir des restes de viande avariée. Quant aux yeux, les pupilles et les iris ont été réalisés avec minutie. On ne rappellera jamais assez à quel point cet élément est important. Rater les yeux, c’est rater le 90% d’une statue.

Le sol de la forêt fait illusion. La terre brunâtre côtoie de la roche et on a même droit à des éclaboussures causées par la course du monstre…

Dernière chose : faites très attention avec le « crochet » d’Azog, qui ne tient pas très bien lorsqu’il est inséré dans le moignon. Attention également avec la pointe de métal qui lui ressort du coude. Elle est fragile.

Une fois de plus, cette gigantesque statue est un sans faute de la part de . Un Graal est donc né. Et pour ma part, si pouvait cultiver à l’avenir ce genre de limitation, ça serait extrêmement positif. Surtout à l’heure où les tirages imposent trop souvent des prix en chute libre sur le second marché.

 Merci  !

– Sarlacc