Balrog

| STATUE – WETA |

Pour les collectionneurs du Seigneur des Anneaux, Balrog rime souvent avec Graal ultime. C’est en effet l’une des plus rares statues de la collection éditées à l’époque par /. Il n’est donc pas étonnant que nos amis Kiwis aient planché sur une nouvelle version de cette incroyable créature.

Pour ce faire, les artisans de optent pour une statue bien différente de la première. La pose change drastiquement, de même que la taille. Il faut dire que tendance de ces dernières années s’est clairement orientée vers des pièces de plus en plus grandes, de plus en plus lourdes, de plus en plus…. chères. C’est donc un monstre deux fois plus imposant que la version 1 qui nous est proposé ici. De quoi démotiver ceux qui se battent en permanence contre le manque de place.

La sculpture est bien entendu fabuleuse, ce qui est devenue monnaie courante avec . Le travail minutieux de la face démoniaque offre tout un florilège de détails. Les cornes arborent des stries de croissance du plus bel effet. Les flammes sont gracieuses, fines… On les croirait danser sur l’échine du Maiar, mais aussi sur le sommet des ailes. Le corps est parcouru de crevasses évoquant de la lave en train de se solidifier. Quant à l’arme, cette épée ardente et terrible, elle arbore également sa multitude de circonvolutions sculptées, afin de renforcer l’effet du feu. On précisera que l’orientation de ces flammes, dirigées vers l’arrière, nous indique que le monstre est en train de pivoter sur l’axe de son corps. Et puisque nous abordons la pose, parlons-en !

La pose est en effet celle d’un prédateur traquant sa proie. Il semble même l’avoir localisée sur la gauche, ce qui expliquerait ce maintien à mi-chemin entre le dynamisme effréné d’un combat et la sobriété du statisme. La pièce est beaucoup plus ample que le premier Balrog de . Ici, les ailes sont déployées, du moins dans une certaine mesure. Le monstre se tient debout, de façon altière, comme s’il désirait prouver à tous sa supériorité. Il y a quelque chose de noble dans cette pose. Alors que la première statue du personnage nous proposait une créature avachie et transpirant la fourberie, cette nouvelle pièce nous présente un Balrog animé par l’orgueil. Son seul but semble être d’instiller la peur dans le cœur de ses ennemis.

Le socle est simple mais efficace, et présente le sol de la Moria jonché de débris. On notera les quelques marches d’escaliers, qu’utilise d’ailleurs le Balrog.

Qu’en est-il du paint job, maintenant ? Même si le travail reste formidable dans son ensemble – surtout pour une pièce de ce genre, tirée à 1500 exemplaires –, je ne peux m’empêcher d’émettre une critique concernant les flammes du dos. Bien entendu, nous avons tous nos attentes et nos degrés d’exigence peuvent varier d’une personne à l’autre. J’étaierai donc mon argumentaire en disant deux choses. Premièrement, je possède la première version, sortie il y a bientôt 15 ans, et le traitement du coloris des flammes y est mieux soigné. Il y a des dégradés, allant du rouge au jaune en passant par l’orange. Ces nuances sont absentes sur la version 2015, qui se contente d’exposer du rouge et de l’or, sans intermédiaire, sans mélange. Deuxièmement, je pense bénéficier d’un minimum de notions en peintures sur figurines (j’y ai passé des centaines d’heures dans ma jeunesse). Je peux affirmer que le travail manque de finesse. On aurait pu obtenir un résultat bien meilleur avec peu de moyens supplémentaires. Juste un peu plus de temps et de volonté…

Mon exigence en termes de paint job est importante, certes, mais j’ai l’intime conviction que le travail n’est pas suffisant sur ce Balrog. Surtout venant de . Ainsi, les flammes sont rouges-oranges (difficile de donner la véritable dénomination du coloris) et leur base est recouverte d’une peinture dorée. Ce choix artistique a au moins l’avantage d’offrir un effet de chaleur plus que bienvenu. Mais que le collectionneur se rapproche de son Balrog, et il verra que cette couleur « or » n’a été appliquée qu’avec rapidité. Un pinceau passé sur les reliefs, et c’est tout ! Il n’y a aucune volonté d’offrir des nuances avec quelques dégradés… Pour une statue de plusieurs centaines d’euros, nous devons exiger mieux. C’est du moins l’avis de votre humble serviteur.

Au final, cette statue reste une véritable tuerie, soyons clairs. Une sensation de puissance émane de ce monstre. Sa taille en impose sans tomber dans l’excès, et elle ne peut que se sentir à l’aise parmi les autres membres de la gamme. Enfin, et c’est d’une importance capitale pour les amoureux du fabricant depuis ses premières sorties, ce Balrog ne suscite chez le collectionneur aucune sensation de « doublon » avec le premier du nom. Du moins ceux qui possèdent les deux versions y trouveront leur compte. C’est aussi ça la force de : ne jamais lasser, et garder le respect du collectionneur au centre de leurs différents choix artistiques. Un meilleur paint job, et c’était le carton plein.

On attend Smaug au tournant !

– Sarlacc