Lycan

| LIFE SIZE BUST – ELITE CREATURE COLLECTIBLES |

Un fabricant mythique, un sculpteur mythique aux commandes, une créature mythique… Tout est réuni pour obtenir un produit d’exception. Toutefois, les récents événements dans le monde de la collection nous poussent à garder la tête froide en attendant le résultat lorsqu’une telle pièce est annoncée. Mais ne tournons pas plus autour du pot. Dans le cas de ce Lycan, le constat est sans appel : c’est une tuerie absolue.

Steve Wang est un génie. On attribue un peu trop souvent le design du Predator à Stan Winston, mais c’est bien Steve et d’autres artistes qui se sont chargés de la sculpture. Autant dire que sans lui, l’imagerie du cinéma SF ne serait pas le même à l’heure actuelle. Et voilà que ce grand Monsieur supervise la production de bustes et de statues du plus bel effet ! Un tel nom associé à notre passion est un plus indéniable, puisqu’ il rapproche nos objets de leurs origines, à savoir le cinéma.

Underworld est sorti de façon relativement discrète dans nos contrées helvétiques. De mémoire, le premier opus n’a même pas eu droit à un passage dans les salles de cinéma. Le deuxième film a bénéficié de quelques jours d’exploitation, guère plus… Mais on compte dorénavant 4 films dans la franchise, ce qui prouve l’existence d’une fanbase solide dans le monde entier. C’est donc avec une certaine confiance qu’ Collectibles nous propose deux gigantesques pièces issues de l’univers : une statue de Markus, ailes déployées, ainsi qu’un buste life size d’un Lycan.

Le carton est à l’image du buste qu’il contient : titanesque. J’ai passé commande chez Toy-Palace (qui reste pour moi le must en termes de magasin en ligne) et j’ai reçu le monstre sur une palette, livrée par un transporteur privé. C’est d’ailleurs la deuxième fois que cela m’arrive, la première étant pour le Predator Cinemaquette.

Je me suis amusé à ouvrir le carton avec mon fils de trois ans. On peut dire qu’il s’en est donné à cœur joie. En effet, le déballage nous permet de tomber nez à nez avec le loup-garou, simplement recouvert d’un film plastique. La pièce est livrée en deux parties, à savoir le buste en lui-même et le socle. Ces deux éléments pèsent lourds, tellement qu’il est vivement recommandé de les transporter de façon séparée avant de déterminer l’endroit pour l’exposer. Emboîter le buste dans le socle se révèle être un jeu d’enfants.

Les détails du Lycan sont bien entendu nombreux. Toutefois, on aurait pu en attendre plus de la part des artistes. Il y a tout un florilège de crevasses qui tailladent le cou de la créature, et même si elles sont bien tracées et délimitées par un moulage sans faute, elles restent grossières. Peut-être que des ridules supplémentaires, plus fines et plus légères, auraient renforcé le sentiment de réalisme. Toutefois, ce n’est qu’un détail souligné par un collectionneur en quête d’objectivité. Lorsqu’on contemple le monstre dans sa globalité, ce minime défaut se volatilise au profit d’un ineffable enchantement.

Le visage comporte son lot de nuances dans la sculpture. La forme générale est esthétique, gracieuse, bestiale… La gueule ouverte est un choix judicieux, puisqu’il renforce l’idée d’agressivité. De plus, ce choix artistique implique un travail minutieux sur l’intérieur de la bouche, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Ici encore, rien à signaler. Les dents sont lisses, le palais fourmille de structures organiques, les gencives sont gorgées de sang… Mais un tel travail n’est rien sans un bon paint job. Les couleurs employées se marient aux vernis du plus bel effet, donnant à l’ensemble ce côté humide si important lorsqu’il s’agit de rendre les muqueuses crédibles. Les canines, les incisives, les molaires… Aucune des dents n’est mise de côté. Coulées dans une résine semi-translucide, l’effet réaliste est stupéfiant. Non, vraiment, cette gueule a été produite avec un savoir-faire exemplaire, et c’est ce genre de rendu qui propulse très vite une société comme Collectibles dans les hautes sphères de notre passion.

Le souci du détail ne s’arrête pas là. Les concepteurs ont pris la liberté de coller des poils synthétiques sur l’échine du monstre, ainsi que sur ses oreilles et son menton ! Quelle bonne idée. A la vérité, quelle matière est plus apte à représenter de la fourrure ? Rien, bien entendu. Il semblerait même que les poils soient ceux utilisés dans le film sur les vrais costumes. On veut bien croire cette information.

Le socle est magnifiquement ciselé, sans tomber dans l’excès du détail inutile. Sobre, beau, efficace. Il met clairement en valeur le buste sans pour autant lui voler la vedette.

Les yeux ont été peints avec précision puis recouverts de verni. Même si le degré de finition n’est pas comparable à des yeux en verre ou en résine translucide, le résultat est vraiment satisfaisant.

Vous l’aurez compris, nous sommes en présence d’une pièce d’exception. Une pièce qui trônera sans difficulté au sein des plus belles créations de votre collection. Car c’est bien là toute la force de Collectibles : proposer des pièces soignées qui rivalisent avec certaines productions d’artisans oeuvrant dans le domaine du produit dérivé. A la vérité, je pense qu’on tient là le parfait compromis entre le proder usiné (possédant les défauts que l’on connaît tous) et l’artisanat à petite échelle proposé par le fan-made. Il s’agit donc d’une force indéniable, permettant à cette société de tirer son épingle du jeu. Au vu des désastres que doivent surmonter certains fabricants à l’heure actuelle, une telle qualité permet au collectionneur d’appréhender le futur de sa passion avec un peu plus de confiance. Quitte à y mettre le prix.

Il reste une grande quantité de personnages et de monstres que ECC pourrait nous proposer. Pour un collectionneur comme moi, de plus en plus blasé par le manque d’originalité des sorties actuelles, c’est une aubaine. J’ai enfin l’impression que tous les films délaissés auront peut-être leur chance…

– Sarlacc