Bolg

| STATUE – WETA |

Imaginer des designs de bad guys est l’une des spécialités de Peter Jackson et de l’équipe de . Si l’on analyse un tant soit peu les deux trilogies de Tolkien, on se rendra compte à quel point les méchants ont été soignés, que ce soit dans leur design ou dans leur prestance. Bolg, le fils d’Azog, ne déroge pas à cette règle.

Cet orc incarne l’une des grandes figures du mal dans les deuxième et troisième opus de la trilogie du Hobbit. C’est même le premier ennemi à la hauteur des talents guerriers de Legolas, qui semble intouchable dès ses premières secondes d’apparition dans la Communauté de l’Anneau. A ce propos, le combat mémorable entre ces deux personnages, à la fin de la Désolation de Smaug, annonçait déjà un duel tout aussi culte dans la Bataille des Cinq Armées. Et on peut dire que l’attente en valait la peine !
Peter Jackson est comme Guillermo del Toro : il aime ses méchants et leur sert des scènes à la hauteur de cet amour.

Bolg est une brute, un bulldozer pâle et sournois, un amalgame de chair meurtrie et de rafistolage en tout genre. La sculpture témoigne d’un soin impeccable de la part des artistes, qui se sont amusés à aligner les détails avec un souci confinant à la maniaquerie. Ainsi, les boursouflures de peau se le disputent aux plaques de métal greffées sur le corps du monstre. On imagine sans peine le traitement horrible qu’a subi Bolg dans les bas-fonds de son antre, avec des vis et des clous insérés directement dans sa colossale ossature. En effet, les pièces de ferraille présentes sur le thorax, le dos et les épaules sont bel et bien fixées aux côtes et aux omoplates ! En voilà une idée géniale ! Faire de son armure une extension métallique de son propre squelette !

De plus, le visage est magnifiquement retranscrit, avec cette asymétrie infâme causée par ses blessures de guerre. D’ailleurs, l’œil gauche a été crevé, réduit à une sphère blanchâtre dénuée de pupille. Des plissures, des cernes, des veines… Une profusion de détails !
Une fois encore, le paint job n’est pas en reste. L’armure, une spécialité des artisans de production en masse, arbore des teintes subtiles simulant la rouille et l’usure. Le résultat est saisissant de réalisme.

Les détails du visage foisonnent, et les boursoufflures de chair sont roses, comme si une peau fraîche tentait de coloniser les pansements de métal. L’un des yeux arbore une couleur blanche simulant la cécité. L’autre œil présente un iris et une pupille très bien dessinés. Par conséquent, le regard est impressionnant sur une statue de cette taille. Tout autant de soin est d’ailleurs apporté au reste du corps, avec des différences de teintes, des salissures, des croûtes de rouille… etc.

Un point que j’adore tout particulièrement, c’est le pagne que porte Bolg. A l’instar de son père, il s’est constitué un vêtement à l’aide de visages nains. L’effet morbide est parfaitement rendu.

Je finirai par décrire la fabuleuse arme de le l’orc. Une sorte de masse d’armes monumentale, un improbable amalgame de pièces de métal anguleuses. On se figure assez bien l’effet dévastateur qu’un tel outil pourrait avoir sur un ennemi.

A force, on commence à s’habituer avec . Chaque sortie ou presque se solde par une réussite. Un bon point pour un fabricant mythique cher au cœur des collectionneurs.

Allez ! Sortez-nous toute une ribambelle de méchants !

– Sarlacc