Gollum (Smeagol)

| LIFE SIZE BUST FAN MADE – ULTIMARATIO |

Un projet de dingues. Un projet de longue haleine. Un projet de tous les superlatifs, peu à l’instar de notre buste de Hellboy, exécuté il y a cinq ans déjà.

C’est en voyant le magnifique travail de Steven (ultimaratio) sur son Gizmo que le staff de SwissCollectors a contacté l’artiste pour lui soumettre l’idée d’un buste grandeur nature de Gollum, notre schizophrène préféré. Tout d’abord limité à 10 exemplaires, puis à 12, cet Alpha Project devait également clôturer définitivement l’aventure « projets » sur notre site.

Nous nous sommes d’abord posé la question de l’expression. Etant donné le dédoublement de personnalité dont souffre la créature, nous devions choisir un faciès correspondant à Gollum (côté « mauvais ») ou à Smeagol (côté « gentil »). Le choix s’est finalement porté sur la deuxième option, compte tenu de la majorité des proders qui font la part belle à la personnalité agressive du hobbit décrépi.

C’est sur la base d’une série de clichés que nous avons sélectionné l’expression requise, à savoir un visage illuminé par une douce folie, fendue d’un sourire niais et édenté.

Steven s’est alors lancé dans le travail de sculpture, cherchant inlassablement les traits de Smeagol. Même s’il s’agit d’une créature en images de synthèse, Gollum n’en est pas moins un personnage à part entière, doté de mimiques, de rides, de sillons et autres détails caractéristiques fort subtiles. La ressemblance constituait donc une condition sine qua non quant à la réussite de l’entreprise.

Les premières photos de conception ont très vite chassé les derniers doutes que pouvaient avoir les participants. Peu à peu, il est devenu clair que nous avions affaire à l’artiste idéal. Proche de ses clients, à l’écoute, ouvert aux critiques, capable de se remettre en question, déterminé, innovateur, débrouillard, disponible pour répondre aux questions-MP-mails… Steven cumule toutes ces qualités. Car avouons-le, il n’en faut pas moins pour mener un tel projet à son terme.

En quelques mois, l’artiste nous livre donc un exemplaire achevé.

La sculpture est d’une finesse étourdissante. Bien entendu, les courbes du visage sont magnifiquement respectueuse du design original – on reconnaît Andy Serkis au premier coup d’œil –, mais le talent de Steven s’exprime aussi dans ces multitudes de détails, ces imperfections visibles sur la peau, ces veines saillantes, ces ridules, ces scarifications écopées dans les geôles profondes de Barad-Dûr… Le réalisme du « texturage » est poussé à son paroxysme, un élément essentiel lorsqu’il s’agit de rendre justice à un personnage composé d’une chair relativement uniforme. Et que dire des inflammations situées à l’arrière des oreilles, magnifiées par un paint job confinant à l’écœurant. Notre pauvre Gollum semble en effet souffrir d’eczéma, ou d’une dermatite dans le genre…

L’artiste a non seulement respecté la ressemblance de Smeagol, mais il a aussi conféré à son œuvre une âme. Rien de moins. On ne le dira jamais assez : les yeux sont si importants qu’en cas d’échec, la qualité intégrale de la pièce peut être remise en question. Ici, ce n’est nullement le cas, bien au contraire. Steven a travaillé d’arrache-pied pour nous soumettre de belles prunelles translucides, dotées d’une profondeur organique dz plus bel effet. Le regard de Smeagol est hypnotisant.

Pour l’intérieur de la bouche, pas question de passer par des raccourcis ! Steven a sculpté la langue à part, ainsi que deux dentiers. Ces derniers arborent des dents en résine translucide, ce qui permet d’obtenir un réalisme parfait. Ainsi, quelques quenottes manquent à l’appel, nous rappelant que Gollum a traversé plusieurs épreuves qui ont marqué son corps.

Les rares cheveux parsemant le crâne de Gollum sont constitués de vrais poils de… ? Je vous le donne en mille ! Non, chut les mauvaises langues, chut les esprits mal tournés ! Steven n’est pas venu les prélever sur moi ! Il s’agit de poils de… yack. L’artiste en a fait des minces filaments compacts qu’il a ensuite collés sur l’occiput. On peut donc, avec une bonne dose de prudence, orienter les mèches comme bon nous semble. Ajoutés à cela, des sourcils viennent habiller les yeux globuleux de la créature. Cette fois, ce sont des poils d’alpaga noir qui ont servi à leur élaboration. Mais des yeux, aussi beaux soient-ils, gardent un goût d’inachevé sans des cils, que Steven a également ajouté.

Le paint job, maintenant. Sans cette ultime étape, une pièce parfaitement sculptée reste et restera toujours inanimée. Steven a su trouver les mélanges adaptés, exécutant de subtiles nuances dans les couleurs. Le rendu de la peau est par conséquent exceptionnel, avec des zones plus foncées, des plaques eczématiques infectes, des grains de beauté, des contrastes variés… Ainsi, toutes ces teintes et ces détails se marient à la perfection ! Les cicatrices qui strient son dos sont rosées, comme si elles suintaient encore, après tout ce temps.
L’intérieur de la bouche a été recouvert de vernis pour simuler la salive. Avec une lampe de poche, on peut ainsi apercevoir l’exceptionnel travail de Steven, un peu à l’instar de ce qu’avait fait Max sur notre buste du Lurtz.

Parlons enfin du socle. Les 12 participants sont tombés d’accord en choisissant une structure évoquant la vie tragique du personnage. Du roc sombre, de la pierre volcanique, de l’humidité… L’artiste nous gratifie d’une base simple mais soignée. Inutile de voler la vedette au buste ! Ce qui compte, c’est l’ensemble. Bien que le socle ait quelque peu divisé la communauté ayant vu les clichés, l’important reste avant tout les 12 participants, tous comblés. De plus, chaque collectionneur a eu le choix entre deux couleurs de base différentes pour sa pièce : une teinte sombre ou un gris plus clair, plus nuancé…

Nous n’allons pas nous étendre davantage avec des phrases à rallonge. Les photos vont maintenant remplacer les mots.

Je tiens à remercier tout d’abord Steven, qui a eu la gentillesse, la volonté mais aussi la folie de s’embarquer avec dans cette aventure de plus de deux ans. N’oublions pas non plus tous ceux qui nous ont fait confiance depuis le début. On sait que ce n’est pas toujours facile de signer pour un projet sans visuel.

L’Alpha Project Gollum met un terme définitif aux projets organisés sur notre forum, mais il le fait avec une classe magistrale et tout le staff en éprouve une grande fierté !
SC POWA !

– Sarlacc