Lurtz et Boromir

| STATUES – WETA COLLECTIBLES |

Deux reviews pour le prix d’une ! Voilà ce qu’on vous propose ici.

Weta s’inspire d’une scène mémorable, qui clôt le fabuleux spectacle de la Communauté de l’Anneau. Un passage tragique et poétique, empli d’émotions. La mort de Boromir.

Commençons par la statue du capitaine uruk-hai. nous avait déjà charmés il y a quinze ans avec le newborn Lurtz, une pièce facilement trouvable à l’heure actuelle. Mais ce que beaucoup ne savent pas, c’est qu’à l’époque déjà, le fabricant kiwi avait des plans pour sortir une deuxième version du personnage, engoncé cette fois dans son armure de bataille. Finalement avorté, le projet se trouve toutefois à l’état de bribes dans la statue d’Ugluk, ayant décidé de garder la pose de base. Ainsi, par exemple, le bouclier de Lurtz a-t-il été remplacé par la tête tranchée de l’orc Snaga sur Ugluk.

Après ce petit intermède historique, parlons maintenant de la pièce qui nous intéresse.

De nombreux détails embellissent la statue. Il faut dire que le design de base a permis aux artistes de s’en donner à cœur joie : lanières, plastron, pièces de cuir, renforcements de métal sur les bottes… La finesse des cheveux – un élément trop souvent foiré, surtout à cette échelle et avec le matériau choisi – est parfaitement maîtrisée. Chaque flèche du carquois exhibe ses pennes. L’effet ne laisse pas indifférent.

Quant au visage, il diffuse une réelle méchanceté, une agressivité sur le point d’éclater. Il n’en fallait pas moins pour rendre justice au personnage, qui reste le principal bad guy du premier opus de la trilogie. Toutefois, le faciès de cette statue reste l’un des points les plus controversés. On ne retrouve pas forcément les traits de l’orc, faute à une impression étrange de visage gonflé et distendu. A la vérité, on reconnaît le monstre sans le reconnaître. Les peintures de guerre, l’accoutrement, la pose ou le socle constituent des indices de taille quant à l’identité du personnage, mais la ressemblance n’est pas parfaite. Pour ma part, cela n’enlève rien à l’aura forte que distille la pièce.

Attention toutefois au montage de la statue. La corde de l’arc doit être tendue et glissées derrière les deux doigts de la main droite. Et avec délicatesse pour éviter des dommages irréversibles ! On peut ensuite placer sans encombre la flèche, à condition de ne pas déplacer la pièce encore et encore.

Le paint job est absolument sublime, mais ça devient une habitude chez , surtout sur ce genre de personnage. Les marques d’usure sont perceptibles un peu partout sur l’armure, tout comme les traces de poussière et de boue. Pour ce qui est des peintures de guerre, elles ressortent à merveille sur la face tannée et gonflée du colosse.

Parlons de la pose, maintenant. Elle retranscrit celle adoptée par Lurtz au moment de porter le coup de grâce pour Boromir, juste avant qu’Aragorn arrive à la rescousse. Notons également que la taille de la statue reste impressionnante. Massive, lourde, elle n’a rien à voir avec les Uruks sortis à l’époque qui ne respectaient pas vraiment l’échelle.

Nous sommes donc en présence d’une statue à la beauté manifeste, à la hauteur des attentes. Un complément idéal à toute collection du Seigneur des Anneaux.

En face du champion de Saruman se tient un Boromir affaibli, aux portes de la mort, le visage creusé par la fureur et la douleur. Sa force de caractère s’en dégage aisément : deux flèches sont profondément fichées dans son torse, mais le guerrier affronte ses ennemis avec bravoure, puise dans ses convictions, rongé par la culpabilité.

Habituellement, je n’aime pas les positions de faiblesse pour représenter un personnage. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles je n’ai jamais acheté la statue du Haradrim sortie il y a plusieurs années. Mais d’un côté, cette pièce ne matérialise pas la faiblesse de Boromir mais bien son courage et sa férocité. Même au seuil du trépas, il se bat comme un tigre, par amour pour ses amis et par respect pour sa cause. Il est vraiment question de noblesse dans cette magnifique statue. C’est la quintessence du plus beau des combats.

Alors, bien entendu, on pourrait, à raison, critiquer la ressemblance avec Sean Bean. Quand on voit de quoi est réellement capable , surtout sur ses dernières créations, il est clair qu’il ne s’agit pas du plus parfait des visages. Mais en ce qui me concerne, cet élément ne constitue pas une raison suffisante pour bouder mon plaisir. C’est bien l’aura dégagée par cette statue qui me semble importante.

Les détails pullulent et renvoient directement à la scène du film. Les deux flèches plantées dans le corps du guerrier sont amovibles et doivent être disposées par le collectionneur. C’est une bonne chose pour le transport de la pièce, étant donné sa fragilité. La corne du Gondor, fendue sur la longueur durant l’affrontement, pend sur le côté, en bandoulière. Un signe très fort de défaite et de désespoir, à mon sens. Les cheveux sont collés au visage, enduits de transpiration, et les différentes pièces du costume traduisent un mouvement violent, sans doute un ultime coup d’épée porté à un Uruk.

Justement, en parlant de l’épée, sachez qu’elle est en métal ! Un choix artistique des plus remarquables, puisque cela renforce grandement le réalisme de la pièce.

Parlons enfin des socles qui, sans être parfaits, n’en demeurent pas moins d’une excellente portée évocatrice. On reconnaîtra le sol d’une forêt, fait de terre, de racines, de souches et de rocailles.

Pour ceux qui ont opté pour le duo-pack des deux personnages, limité à 100 exemplaires, le seul « plus » est le numéro de série, identiques sur le Lurtz et le Boromir. Pas grand-chose, donc. On aurait préféré une ristourne, ou un objet un peu plus exclusif…

Malgré quelques minimes défauts, ce duo s’inscrit parfaitement dans la droite ligne des précédentes sorties du fabricant : du travail soigné, précis, avec une bonne dose d’authenticité. Espérons que les prochaines statues annoncées du bout des lèvres (Eomer, Mouth of Sauron…) subiront le même traitement.

Décidément, n’a pas encore dit son dernier mot, même après toutes ces années à nous avoir fait rêver.

– Sarlacc